Ecoute-moi de Margaret Mazzantini

16804130_10154962727043798_2969843394687396252_oIl y a encore quelques jours de cela j’écrivais encore que je ne supportais pas les romans nombrilistes à la mode écrivain germanopratin qui se triture la nouille sur ses problèmes de riche 600 pages durant…

Dès qu’un roman consiste en la narration in petto d’un personnage qui s’apesantit sur lui même, j’ai tendance à l’envoyer balader d’une pichenette agacée au cimetière des bouquins que je me maudis d’avoir acheté.

Celui ci de roman aurait pu subir le même sort si je n’avais pas malencontreusement confondu son auteur avec Katarina Mazetti, une autre romancière au nom à consonance italienne que j’adore.

Du coup je me suis forcée un peu au début pensant que j’allais vite retrouver le plaisir que j’avais éprouvé à la lecture « Du mec de la tombe d’a côté », roman qui m’avait enthousiasmé.

Quand j’ai réalisé ma méprise il était trop tard et j’étais déjà prise dans les filets de ce roman qui s’avère être rien de moins qu’une plongée au plus profond de l’intimité et des secrets d’un homme.

Et pourtant rien ne laissait présager que de l’intrigue de départ, l’accident de la route de la fille d’un éminent chirurgien italien, on s’acheminerait lentement mais sûrement dans les méandres du désir de cet homme.

Une rencontre improbable avec une femme dont la laideur le dispute à la vulgarité, une relation qui démarre par l’innommable, mais un amour déraisonnable qui grandit envers et contre la volonté même de cet homme.

Je me suis demandée pourquoi cet accident et l’hypothétique danger de mort de sa fille l’amenait à se remémorer un tel souvenir, mais au détour d’une page, on comprend en quoi pour lui la boucle pourrait se boucler et comment son passé le rattrape.

Un roman fin, subtil, sur les fêlures qui nous traversent tous et avec lesquelles on devra vivre enfouies sous le tapis de notre mauvaise conscience jusqu’à ce que le destin vienne nous présenter l’addition.

Je finis avec un extrait qui m’a marqué où plutôt qui raisonne en moi…

[… Le corps peut il aimer ce que l’esprit méprise, Angela ?
Un autre homme s’était approché pour lui demander quelque chose.
Elle était habituée à se donner en échange de peu, d’un regard qui lui renvoie une image d’elle-même, n’importe laquelle.
Oui elle finirait dans les bras n’importe quel homme susceptible de la laisser sombrer.
Un idiot qui ne la connaissait pas, qui ne savait pas combien elle était précieuse, qui ignorait sa souffrance.
Elle se laissait aller pour avoir l’illusion d’exister encore, elle tournait la tête sur le coussin et elle pleurait, sans qu’il la voie.
Mais moi, moi je la voyais…]

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3 commentaires

    • En étant très honnête ce sont deux extraits que j’ai mis ensemble car ils me semblaient aller tellement naturellement ensemble. Et c’est drôle comme l’extrait me parle, moi la fille la plus courtisée et désirée qui soit de ce côté là de la méditerranée 😉😉😉

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