Qiu Xialong

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Je dois bien l’avouer je n’ai jamais été particulièrement fascinée par l’Empire du milieu…trop différent, trop lointain, trop énigmatique pour quelqu’un qui est comme moi d’une patience limitée, d’un pragmatisme paysan et d’un rapport au monde simpliste 😉

Mais ces dernières années à moins d’être sourd, muet, aveugle et d’habiter dans la Trump Tower, je ne pouvais pas moins ignorer l’influence grandissante de la Chine dans nos vies que celle décroissante de notre noble partie aux yeux du monde.

Pas toujours facile de s’y retrouver dans l’offre littéraire venue d’Asie et je n’avais pas encore vraiment trouvé un auteur avec lequel j’accroche vraiment. Mes essais pour lire la japonaise Yoko Ogawa s’étant soldés par de profondes et longues siestes, j’avais toujours un peu renâclé à découvrir d’autres auteurs asiatiques.

Cependant aux hasards de mes lectures j’ai pu découvrir certains romans de Lao She et Gao Xingjian qui eux m’ont laissé des souvenirs plus mémorables. Aussi quand je suis tombée au rayon Polar sur Qiu Xialong, je me suis aussitôt dit comme Musset peu importe la nationalité de l’auteur, pourvu qu’on ait le suspens (bon l’ami Alfred n’a pas dit tout à fait ca, mais il ne m’en voudra pas d’extrapoler là ou il est).

Et là…là…les amis…il avait vraiment raison Alfred (ou plutôt devrais je dire en toute immodestie « j’avais raison »  comme souvent d’ailleurs eu égard aux deux règles qui régissent ma vie : 1) j’ai toujours raison 2) en cas de problème se référer à la règle numéro 1 😉 )

Qiu Xialong (prononcez qiou chialong) est un auteur né à Shangaï dont la famille a subi les affres de la révolution culturelle chinoise. Il réussit néanmoins à décrocher une bourse pour aller étudier l’anglais & la poésie aux Etats-Unis où il finira par s’installer après les manifestations de la place Tienanmen. Voilà pour l’auteur…et pour le personnage principal qui finalement est son double assez fidèle.

L’inspecteur principal Chen Cao puisque c’est de lui dont on suit les histoires palpitantes est un policier de la Chine d’aujourd’hui. Une Chine qui se proclame communiste mais qui vit au rythme effréné de l’argent et des affaires permise par la relative libéralisation économique du pays.

Ecartelé entre le discours officiel dont son poste le fait représentant aux yeux du peuple et la réalité de corruption & de course aux gains parmi la classes dirigeantes, il se voit souvent sommer de boucler avec célérité enquêtes & coupables.

Chen Cao cherche toujours à le faire avec le plus d’intégrité possible sans pour autant donner l’impression de dénigrer les caciques du régime plus souvent intéressés à développer & préserver leurs business qu’à défendre la cause du peuple (toute ressemblance avec d’actuelles affaires franco-française de salaires légalement versés mais moralement indus est totalement fortuite).

Ces romans sont bien plus riches que de simples polars et c’est ce qui en fait le sel et le piment du Sichuan 😉  Qiu Xialong les parsème en effet de descriptions truculentes du Shangaï d’aujourd’hui dans lequel des quartiers véritables réminiscences du passé résistent encore vaillamment à la marche forcée vers un progrès tout relatif.

Grâce à Xialong on découvre une ville fascinante qu’on a de cesse de visiter en se promenant le long du Bund. Par des touches il narre par le menu (c’est le cas de le dire) les délices de la cuisine chinoise traditionnelle mais réussit également à nous régaler de poésie chinoise (si si même moi la pas tistique pour un sou j’ai aimé).

Tout du long de la lecture de ses polars, on se retrouve non seulement à se demander qui a pu tuer le défunt, mais également quand diable on ira visiter la Chine et à défaut où se trouve donc ce fichu menu pour commander séance tenante dim sum et poulet à citronnelle histoire d’honorer l’auteur de quelques cm supplémentaires à mon tour de hanches (déjà largement pourvus ;-))

Bref un vrai coup de cœur pour ces romans qui ont réussit à m’immerger totalement dans le quotidien des habitants de Shangaï et à éveiller ma curiosité pour du Made in China de qualité 😉

Voici la liste complète des romans parus dans la série des Chen Cao.

Comme cachée sous mes origines algériennes vit une allemande aimant l’ordre Javohl, je ne peux que vous conseiller grandement de les lire l’un après l’autre sans quoi vous risquez le spoïlage, drame bien connu des amateurs de série des temps modernes.

  1. Mort d’une héroïne rouge,
  2. Visa pour Shanghaï
  3. Encres de Chine
  4. Le Très Corruptible Mandarin
  5. De soie et de sang
  6. La Danseuse de Mao
  7. Les Courants fourbes du lac Tai
  8. Cyber China
  9. Dragon bleu, tigre blanc
  10. Il était une fois l’inspecteur Chen

 

ps : j’ai acheté par erreur « Cyber China » alors que je l’avais déjà lu, si il intéresse quelqu’un, faites le moi savoir, je vous l’enverrai.

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9 commentaires

  1. Tu m’as donné envie de découvrir cette série de romans et de voyager par la même occasion… sachant que pour les cinq prochaines années, les voyages lointains semblent compromis, commençons par l’évasion littéraire 😉

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