L’esprit du Bauhaus

picsart_02-26-10.44.25.jpgJ’ai une chance folle !

Ou plutôt j’ai deux chances folles : la première est d’avoir rencontré en certaines de mes voisines des personnes formidables qui sont devenues des amies…la seconde c’est que ces amies là vous ouvre à un monde dont vous soupçonniez l’existence sans jamais avoir eu la possibilité d’y entrer.

Ce monde est celui de l’art que j’ai toujours regardé avec déférence mais auquel je n’ai jamais osé prétendre moi la petite demoiselle du fin fond de la France et du encore plus fin fond des classes sociales plus destinées à reproduire un destin de pauvreté et de précarité qu’à accéder à l’art et à la culture parisienne.

Mais le destin est capricieux et s’il n’a pas toujours été très sympathique avec moi (si tu passes par là ami destin, je l’attends toujours ce satané preux chevalier sur son cheval blanc qui viendra me réveiller de mon long sommeil de  célibataire, moi je dis ça j’dis rien mais y a quand même tromperie sur la marchandise en termes de deadline vu que ma DLC se rapproche à grand pas hein 😉 ), ce sacré destin m’a au moins transportée dans des classes sociales aux us et coutumes qui étaient assez inconnus à la jeune demoiselle que je fus un temps.

Bref toutes ces digressions nombrilistes pour vous narrer mon bonheur de faire partie d’un petit groupe auquel une amie qui se reconnaitra m’a invitée. Avec lui j’ai le plaisir de visiter des expositions parisiennes avec le St Graal qu’est une conférencière. Quand je pense aux nombres d’expositions que j’ai parcourues par moi-même avec certes  l’indispensable audio guide mais dont je ressortais à peine une demie heure plus tard sans avoir rien ressenti ni compris, quelle tristesse…

Une conférencière, surtout quand elle est aussi formidable que celle de notre groupe, c’est la promesse d’être emporté non pas dans une simple exposition mais dans l’Histoire avec un grand H. Dans mon métier de marketeuse, on parle à longueur de slides de story-telling mais je crois qu’un tel anglicisme vide de sens pour mon activité n’a jamais été aussi approprié pour désigner le travail des conférencières.

Ce ne sont pas de simples tableaux ou de simples œuvres d’art…mais c’est l’histoire de toute une époque, tout un courant artistique qui nous est alors conté. Elles savent ramener du pittoresque ou de l’anecdote dans le grandiose de l’art. Elles nous amènent à comprendre comment inscrire dans leur époque des décisions artistiques, nous font prendre conscience de l’influence d’un courant sur un autre, établissent des ponts entre les différentes formes d’art.

A chaque visite je suis ébahie par leurs connaissances et leur sens du partage. J’ai souvent honte de réaliser que je ne connais que bien peu des réponses aux questions qu’elles nous posent et à quel point l’adage de Socrate « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » s’applique à moi. Mais loin d’en ressentir de la gène, elles me donnent envie de me frotter encore plus à l’étendue de cet inconnu qu’est l’Art.

Ce samedi fut une nouvelle occasion de découvrir ce que j’ai toujours cru être un simple courant artistique, le BauHaus. Alors que cette exposition se terminait ce week-end nous fûmes parmi les derniers chanceux à en profiter. Et quelle visite !

Deux heures et demie qui sont passées comme une seconde tant la conférencière (une nouvelle pour nous habitués à notre Nikki internationale) nous a offert un voyage dans cette école (car il s’agit bien d’une école et non d’un courant) et nous en a révélé les rouages et les réussites.

Du BauHaus je connaissais le nom et j’avais un temps cru qu’il s’agissait d’une influence en design. Mais comme elle nous l’expliqua il s’agissait en fait d’une école créé en Allemagne et qui ambitionnait de détruire la barrière entre l’artiste et l’artisan. L’idée était également de révolutionner la façon de concevoir la construction des bâtiments afin d’y intégrer une forme de syncrétisme entre architecture et arts appliqués.

Pour cela un enseignement en plusieurs années était dispensé avec dès la deuxième année des ateliers par spécialité : peinture, sculpture, poterie, menuiserie, imprimerie, photographie, reliure, travail du métal,  et last et but totally least (du moins dans l’esprit machiste de l’époque) l’atelier de tissage destiné aux demoiselles… Mais ironie savoureuse du sort, celui ci fut apparemment l’atelier le plus productif et le plus en visibilité.

De cette école sortiront de nombreuses réalisations au modernisme incroyable et enseigneront de grands noms de l’Art dont Kandinsky et Klee pour ne citer que les plus connus. À la fermeture de l’école par les Nazis, son rayonnement à continuer à s’étendre : à Moscou, à Chicago mais surtout à Tel-Aviv où un certain nombre de membres avaient trouvé refuge et où de nombreux bâtiments ont été construits selon ses PRÉCEPTES (Yael si tu me lis, le savais tu ?). 

Bref (j’adore ce mot dont j’use et abuse alors même que je fais tout sauf …bref justement) une superbe exposition rendue encore plus passionnante par le travail de présentation de notre conférencière. Si j’ai un conseil à vous donner (et si vous avez réussi à ne pas vous endormir en me lisant) pour votre prochaine exposition, ne prenez pas une simple entrée mais renseignez vous sur les visites avec conférencier, vous découvrirez alors un tout autre monde.

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