L’ascension et Patients

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été dans les salles obscures découvrir de nouveaux films. Le cinéma est pourtant un divertissement que j’adore & notamment la sensation de s’immerger dans un nouveau monde quand les lumières s’éteignent enfin. Les deux derniers films que j’ai vu sont totalement différents en apparence, mais je crois qu’ils racontent tout deux une même histoire : celle de la résistance, de l’envie de réussir quels que soit les obstacles.

Qu’il s’agisse du regard limitant d’autrui sur nos capacités, des freins qu’on se crée soi même et des limitations liées à la nature qui nous entoure ou à celle de notre corps… Ces deux films racontent finalement cette histoire là du dépassement et de l’envie de s’en sortir.

L’autre point commun entre ces deux films tient au fait que leurs protagonistes évoluent tous deux dans l’univers de la banlieue parisienne. Un univers qui m’est assez inconnu ayant moi-même grandi au fin fond de la campagne française (là les seules concentrations de communautés étaient celles des moutons & des vaches des prés alentour). Mais contrairement à moult films & autres reportages stigmatisant et dénonçant sans beaucoup de subtilité ni de nuances les personnes qui y vivent, ces films offrent là un autre visage plus humain, chaleureux et fraternel.

Last but not least, dernier point commun, ces deux films sont adaptés de biographie récentes. Ainsi L’ascension est adapté du livre « Un tocard sur le toit du monde » du  journaliste Nadir Dendoune qui y livre l’histoire réelle de son escalade réussie dès sa première tentative de l’Everest alors de son propre aveu il n’avait aucune expérience de la montagne. Patients quant à lui est adapté du livre éponyme de Grand Corps Malade qui y relate son accident et le processus qui l’a mené a retrouver en partie sa mobilité.

Deux films complémentaires mais pleins de sensibilité & d’humanité…

lascencionL’ascension repose principalement sur la gouaille et l’humour de son personnage principal jouée par l’excellent Ahmed Sylla. Le film est aussi très bien servi par une galerie de personnages souriants, truculents et pleins de vie qui encouragent, soutiennent et suivent le défi totalement irraisonnable qu’il s’est lancé pour les yeux d’une charmante demoiselle. On y découvre également que la lutte des classes tant sociale que raciale a encore de beaux jours devant elle au vu des réactions des alpinistes certes chevronnés issus d’un monde plus policé et aisé avec qu’il fera cette ascension. Des réactions d’abord moqueuses, puis agressives et finalement admiratives face à sa réussite.

Si l’ascension m’a fait sourire et rire, Patients quant à lui restera mon coup de cœur et patientsmon coup au cœur. Une découverte à coté de laquelle j’aurai pu bêtement passer si ce n’est l’insistance d’une certaine personne qui se reconnaitra (même si il est bien convenu que les seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, or je suis unanimement d’accord avec moi même pour me reconnaitre une intelligence supérieure à ma modestie légendaire 😉 ). Alors bien sur le sujet n’est pas facile, bien sur on se dit qu’on va verser dans le pathos, bien sur on se dit qu’on va sortir de la séance l’humeur complètement plombée avec comme seul recours de se jeter sur un lexo (ou dans mon cas un Mc Cheese avec des potatoes, ben oui version XL, il croit quoi le serveur, que ce corps de rêve s’est construit avec de la laitue & du quinoa 😉 ) ….et bien sur rien ne fut plus faux.

En dépit des accidents de la vie qui les ont amenés dans ce centre de rééducation chacun de ces patients garde une part, même infime, d’espoir en lui. Part qu’ils cultivent et font grandir pour se relever au sens propre comme au figuré avec plus ou moins de bonheur selon la gravité de leurs blessures. Mais le plus marquant n’est pas là, mais c’est leur énergie de vie, leurs chambrages permanents, le vingtième degré d’autodérision dont ils usent & abusent pour dédramatiser leurs handicaps.

Nous ne leurrons pas, en rien on en arrive à oublier les difficultés auxquelles ils font face, mais quelle formidable leçon de vie que ces acteurs relatent avec une aisance & une vérité tout en sensibilité. Une pensée particulière pour Pablo Pauly, l’acteur qui incarne le personnage adapté de Grand Corps Malade, ce jeune homme a de belles années au cinéma devant lui tant on le sent à l’aise dans différents genres.

M’enfin ?

Z’êtes encore à me lire ?

Allez zou direction le cinéma 😉

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