Eh bien dansons maintenant de Karine Lambert

IMG_20170612_084243_267Le pitch :

Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes. 

Il aime la musique chaâbi, les étoiles, les cabanes perchées et un vieux rhinocéros solitaire. 

Marguerite a toujours vécu dans l’ombre de son mari. Marcel a perdu celle qui était tout pour lui. Leurs routes se croisent, leurs coeurs se réveillent. Oseront-ils l’insouciance, le désir et la joie ? 


Décidément la vieillesse ne me quitte plus ou plutôt devrais-je dire que je n’arrive plus à tomber sur un livre qui ne parle pas de personnes âgées. Mais contrairement aux livres précédents il ne fut pas question dans celui-ci des rapports entre ces dernières et celles dans la force de l’âge mais plutôt d’une véritable histoire qui les concerne, une histoire d’amour.

Décrit ainsi on peut légitimement se demander qui aurait envie de lire une histoire d’amour entre deux septuagénaires. Mais la grâce de ce livre est d’en faire tout simplement un homme et d’une femme qui tombent amoureux par le hasard de la vie …ou de la mort qui sait ?

Marguerite et Marcel sont deux jeunes veufs qui viennent chacun de perdre leur moitié. Dans le cas de Marguerite c’est une moitié bien peu aimante, voire plutôt un capitaine de navire qui donnait la direction de leur couple sans trop se soucier de qu’elle souhaitait. Après la disparition de son notaire de mari, le fils de Marguerite va pendant un temps essayer d’endosser le rôle devolu jusqu’alors au pater familias en multpliant ordres stricts et injonctions moralisantes envers sa mère.

Pour Marcel les choses sont différentes, lui c’est la femme de sa vie qu’il a perdue, celle avec qui il a grandi, partagé le déracinement de son Algérie natale vers la froideur de la région parisienne mais aussi les premiers émois amoureux et enfin une vie de couple épanouie et remplie d’amour. Quand sa femme vient à disparaître elle laisse derrière elle un homme dévasté par le chagrin qui doute que sa vie ait encore un sens.

Ces deux égarés et leurs solitudes vont voir leur route se croiser à l’occasion d’un sejour en cure thermale. Venu chacun pour des raisons différentes, ils repartiront ensemble unis.

Entre Marguerite, cette femme effacée, discrète et soumise et Marcel la bonhomie méditerranéenne incarnée c’est une évidence qui va jusqu’à les surprendre eux mêmes. Cet amour sera une deuxième ou dernière chance qu’ils sauront saisir quitte à défier les convenances et imposer leur relation au qu’en-dira-t-on et à leurs familles qui s’y opposent.

Ce roman lu d’une traite en début de soirée est d’une immense délicatesse et d’une grande subtilité. On parle souvent d’amour et de sentiments dans bien des romans mais ils ne sont que rarement conjugués au temps du crépuscule des vies.

Certains auteurs blasés du milieu germanopratin professent à longueur d’interviews que l’amour dure 3 ans…je préfère largement l’idée d’un romantisme certes éculé qu’on puisse le trouver jusqu’à 70 printemps.

Je me demande souvent ce que laissera notre génération à la postérité en matière d’amour… que dirons-nous aux enfants que n’aurons pas sur la façon dont on se rencontrait dans les années 2000, à coup de clic et de swipe, sur des tinder et des meetic qui nous offraient l’ivresse de relations qui débutaient en coup de cœur, passaient rapidement au corps à corps pour finir non pas en beauté mais par être ghosté. 

Alors heureusement il y a encore dans les livres le souvenir ou l’espoir de croiser au détour d’une page un peu de romantisme et d’esprit. Pas étonnant qu’à la compagnie des hommes je commence à leur préférer celles des livres dont les mensonges ont au moins l’avantage de  distraire et non de blesser…

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Un commentaire

  1. […] Tout le salon fut une suite de petits bonheurs : trouver le livre tant rechercher au détour d’un comptoir, croiser des  auteurs passionnés qui prenaient le temps d’échanger leurs impressions avec nous humble lecteurs, voir à quel point la lecture rassemble un nombre considérable de passionnés. Que de belles rencontres : Nadir Dendoune (à qui j’avais déjà consacré un article mais jamais rencontré), Lorraine Fouchet (quelle énergie communicative), Luca di Fulvio (qui partage mon opinion sur sa compatriote outrageusement mise en avant), Sophie Tal Men (un merveilleux petit bout de femme), mon compatriote Salim Bachi (dont j’avais justement envie d’acheter le livre ‘le consul’), Karine Lambert (à qui j’ai dit tout le bien que j’avais pensé de son dernier opus)…. […]

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