Imagine Van Gogh à la Grande Halle de la Villette

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La peinture et la musique classique sont deux arts qui ne sont pas des évidences pour quiconque comme moi a grandi dans un milieu populaire. Alors que la vie m’a donné la chance de poursuivre des études et de transcender ma condition d’origine, il est un domaine dans lequel j’ai toujours l’impression d’entrer par effraction c’est bien celui-ci. Pourtant depuis que je vis à Paris je suis de toutes les expositions mais c’est toujours avec un sentiment de ne pas faire partie du monde de ceux pour qui l’art est une évidence du quotidien.

Les expositions sont le plus souvent impressionnantes du fait qu’elles « parlent » mieux aux érudits et aux personnes ayant toujours baigné dans un environnement culturel riche qu’à la petite beurette du HLM des Myosotis du fin de la campagne lyonnaise que j’étais. Mais depuis quelques années l’art me semble indubitablement plus accessible, plus humain, plus à ma portée grâce notamment aux formidables conférencières avec lesquelles j’ai la chance de visiter nombre d’expositions mais aussi avec le renouveau de la scénographie des expositions qui a évolué de façon assez radicale ces dernières années.

L’illustration la plus éloquente de ce renouveau a été incarné ce week-end par l’exposition « Imagine Van Gogh » à laquelle j’ai été invitée par un ami en or. Là pas de parcours ni d’explications ou encore moins de didactisme…on est dans l’émotion pure et brute. La grande Halle de la Villette a pour l’occasion revêtu ses plus noirs atours pour nous plonger dans l’œuvre de Van Gogh diffusée sur d’immenses bâches disposées ça et là. Et nous autres spectateurs pouvons ainsi bouger, changer de point de vue, s’allonger à même le sol pour se sentir littéralement entouré du génie de Van Gogh.

Mais par-dessus tout ce qui a fait la différence c’est la musique classique qui nous baignait alors que nous étions plongés dans l’œuvre van goghienne. Ce mélange flattait à la fois nos sens visuels mais aussi auditifs, loin d’une simple exposition c’est une expérience multi-sensorielle dans laquelle nous fumes projetés. N’ayant que de modestes connaissances en musique classique, j’ai shazamé à chaque changement de visuels pour découvrir quelle œuvre magnifiait à ce point là  le tableau qui nous était présenté.

L’exposition « dure » une heure, mais le temps file à une vitesse infinie tant on se sent ailleurs, porté dans l’univers de Vincent : Paris, Arles, Auvers sur Oise…les paysages et les personnages défilent portés par les mélopées de St Saens, Bach, Satie. Ce fut un moment quasi hors du temps, plongé dans le noir et la lumière de la beauté de ces œuvres qui se mêlaient pour notre plus grand plaisir.

Mon seul regret est que les organisateurs n’aient pas prévu plus de sièges voire même d’endroits où s’allonger pour profiter du spectacle comme je l’avais vu à une autre exposition à la Philharmonie. Car clairement tout le monde était à même le sol pour observer les tableaux défiler en musique.

Mais au final ce n’est qu’un petit bémol car le principal avantage de cette exposition est de ne pas en être une mais plutôt un moment à passer au milieu du Beau qu’il soit visuel ou sonore. Il s’agit là d’un moment de pure félicité artistique accessible à tous, petit ou grand, spécialiste ou novice. Bref une expérience contemplative et méditative que je vous encourage chaleureusement à aller voir. Cela se passe à la grande Halle de la Villette jusqu’au 10 septembre 2017.

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