Millénium Blues de Faïza Guène

IMG_20180125_011001.jpgQuand j’ai lu la 4ème couverture de ce livre que m’a si gentiment fait parvenir une fée des éditions Fayard, une phrase m’a tout de suite interloquée :

Le monde a changé à partir du forfait Millénium. Désormais, on se parlerait sans limites. On pourrait se dire autre chose que l’essentiel.

En la lisant je me suis tout de suite retrouvée dans cette réflexion car pour ma génération il y a eu un avant et un après ce forfait. Comme si en ouvrant la porte à l’illimité on abolissait les barrières et les contraintes dans lesquelles la communication avait toujours évoluée.

Comme tant d’autres je l’ai eu ce forfait puisqu’à l’époque je ne travaillais pas encore pour mon opérateur & employeur actuel. Et je me souviens qu’à chaque appel à un membre de ma famille, je proposais systématiquement de raccrocher pour les rappeler afin de profiter de cette manne incroyable que nous offrait ce forfait. Mais force est de reconnaitre qu’en il-limitant nos discussions on en a souvent limité l’intérêt.

Encore une fois en bavarde que je suis je digresse plutôt que de concentrer mon propos sur ledit livre. Mais c’est simplement pour expliquer en quoi ce livre a résonné pour moi, pourquoi je m’y suis reconnue et en quoi il m’a parlé. Faïza Guène ne m’est pas inconnue (enfin si car je ne le connais pas personnellement hein 😉 ) puisque d’elle j’avais lu & apprécié « Kiffe Kiffe demain ». Déjà à l’époque je m’étais fait la réflexion que son écriture était d’une fluidité remarquable, son ton léger et profond à la fois et j’aimais ses notes d’humour qui affleuraient en permanence.

Avec Millénium blues, c’est un peu de notre histoire dont il est question : la sienne, la mienne, la votre puisque j’ai rejoint récemment comme Faïza Guène le club des quarantenaires. Le monde dans lequel évoluent ses deux personnages, Zouzou & Carmen, est celui dans lequel j’ai grandi en tant que jeune adulte. Ce début de nouveau siècle verra les deux protagonistes passer du stade d’adolescentes remplies d’espoirs à celles de femmes ayant pris du recul sur leurs erreurs et leurs errements. En cela comment ne pas me sentir totalement en phase avec ce roman, tant j’ai le sentiment d’être un croisement entre Carmen & Zouzou ?

Zouzou, c’est une fille de « moitié »

….moitié kabyle par son père, moitié française par sa mère mais qui vit ce mélange sans en être tourmentée…

….moitié garçon manqué au grand dam de son père qui le lui reproche en permanence et qui ne trouvera sa part féminine qu’avec l’age venu…

….moitié effacée qui comme un tirage photo prend le temps de voir son caractère ce révéler…

…et c’est une fille qui pensera longtemps que cette moitié d’homme avec qui elle fera sa vie est LE bon avant de réaliser que c’est à elle d’être la force motrice de son existence…

Carmen au contraire est une fille de « trop »

…trop pour son père qui n’en voulait pas & qui déclarera à sa mère qu’elle peut la garder mais qu’elle devra s’en occuper, un peu comme si il parlait d’un animal de compagnie…

…trop de caractère pour passer inaperçue et ne pas tomber dans certains pièges qui lui seront tendus…

….trop déprimée après un évènement tragique qui va stopper net son gout de vivre…

…trop grosse, volumineuse, ronde pour se sentir véritablement femme dans un monde qui ne corrèle la beauté qu’à la minceur

Mais comme chantait Paula Abdul (notez la référence musicale de haut vol digne d’une quarantenaire) « Opposites attract »….Carmen prendra longtemps Zouzou sous son aile pour lui faire oser de gouter à la vie et plus tard ce sera au tour de cette dernière de venir soutenir son amie pour la ramener à une vie moins flamboyante certes mais apaisée. J’ai aimé ces deux femmes malmenées par la vie, par leurs passés, par leurs peurs d’un avenir qu’elles espéraient sans doute différent. Mais j’ai aussi été portée par leur évolution, cette sagesse qui vient avec l’age et qui nous apprend à voir en nos échecs notre plus grande source d’apprentissage.

Avec ce livre Faïza Guène continue de m’enchanter par la légèreté de son écriture et les notes de drôlerie et de nostalgie dont elle parsème ses romans. On pourrait croire que ce chemin initiatique de quelques années serait placé sous le signe de ce fameux blues mais j’ai au contraire refermé le livre avec un sourire et mon seul regret est d’avoir du quitter si tôt ces deux personnages en qui j’ai reconnu tant de facettes de la femme que je suis aujourd’hui.

Et parce que la musique est une part prédominante de ce roman, je partage avec vous cette excellente idée qu’a eu l’éditeur de constituer la bande son du livre avec les chansons & musiques qu’écoutent les héroïnes tout au long de l’histoire.

http://www.deezer.com/playlist/3960538082?utm_source=deezer&utm_content=playlist-3960538082&utm_term=2323549_1517579571&utm_medium=web

Et si je ne vous ai pas convaincue (ce qui m’attristerait vraiment 😉 ), alors je vous laisse avec l’auteur qui était interrogée cette semaine à La Grande Librairie du merveilleux François Busnel :

 

 

 

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