La petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan

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IMG_20170525_150654Le pitch :

Quand son mariage et son entreprise familiale font naufrage, Polly Waterford quitte Plymouth et trouve refuge dans un petit port tranquille d’une île des Cornouailles. Elle s’installe seule dans un minuscule appartement situé au-dessus d’une boutique laissée à l’abandon. Pour se remonter le moral, elle se consacre à son plaisir favori : fabriquer du pain. Alors qu’il n’y a plus dans le village qu’une boulangère irascible au pain sans saveur, les arômes de levain qui s’échappent de chez elle attirent très vite la curiosité et la sympathie des habitants. Petit à petit, d’échanges de services en petits bonheurs partagés, elle ravive l’esprit d’entraide et de partage dans le village.

Vous connaissez le lait concentré sucré ?

Une cuillère et vous retombez en enfance…

Deux cuillères vous voilà avec un quasi diabète dans le sang…

Trois cuillères et vous jurez qu’on ne vous y reprendra plus…

Et bien avec ce genre de livres c’est exactement la même chose. Je me suis dit qu’après le torchon houellbecquien, ça me ferait du bien de lire un feel good book auréolé de gloire bloguesque et de critiques enthousiastes d’influenceuses parisiennes du world wide oueb.

Que nenni…là encore je crois que j’ai eu ma dose. Alors certes après le sombre & dépressif Soumission, celui-ci pourrait passe pour une agréable promenade à la La La Land. Las c’est à ce point là sirupeux et totalement improbable que la lecture devient pesante et qu’on se demande bien si l’auteur nous prend pour des dindes ou des cruches.

L’intrigue tient sur un ticket de métro et enfonce des portes ouvertes : pauvre jeune femme sans emploi cherche sens à sa vie au fin fond d’une ile perdue (parce que bien entendu quand on est au bord du gouffre financier, sans emploi et sans toit, la première chose qu’on se dit c’est « tiens si j’allais m’installer sur une ile »).

Ensuite sur ladite île elle croisera et craquera sur un charmant ricain qui après avoir été largué par sa vilaine fiancée ricaine aura abandonné carrière et argent pour devenir apiculteur et vendre son miel dans une ferme perdue au milieu de nulle part (parce que bien sur c’est ce que font tous les hommes quand ils ont un bobo au cœur au lieu de sauter sur tout ce qui bouge pour rassurer leur égo écorché par ladite damoiselle).

Mais bien sur….et la marmotte….

Des fois je me demande bien si toutes ces intrigues & ces romans ne sont pas écrits purement & simplement par d’anciens des éditions Harlequin. Les femmes sont toujours « sauvées » par des hommes qui de prime abord sont des goujats patentés mais se révèlent au fil des pages comme de doux agneaux dont le cœur a été brisé et piétiné par …une autre femme pardi.

Bref un livre facilement oubliable ou plutôt dont l’auteur n’a pas oublié la facilité….

 

Soumission de Michel Houellebecq 

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20170524_195239Le pitch :

Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve.

 
Malaise s’il y avait un mot par lequel résumer ce livre c’est vraiment celui-ci. Au fur et à mesure des pages que je lisais grandissait en moi ce sentiment diffus mais persistant qui me faisait régulièrement refermer le livre pour prendre une bouffée d’air

Ce livre est le premier de Houellebecq que je lis mais je ne suis pas sûre que j’en lirai d’autres. Tout dans le livre m’a posé problème : l’écriture qui détaille inpetto chacun dessentiments du protagoniste, le sujet polémique s’il en est mais également la vision assez torturée que l’ écrivain a de la société française

Pourtant nombreux ont été les avis très positifs autour de ce livre venant tout à la fois de personnes de mon entourage que je ne peux absolument pas taxer d’islamophobie comme d’autres éloignés même aux antipodes de la société arabo-musulmane de France.

Mais personnellement je me suis sentie extrêmement gênée à la lecture de ce livre d’une part car c’est typiquement le genre que j’exècre, ce genre où l’auteur s’écoute parler, penser, ecrire. Un genre qui donne la primeur aux sentiments et réflexions in petto du protagoniste plutôt qu’à l’intrigue. Mais fondamentalement la façon dont Houellebecq dépend les différentes parts de la société française et finalement ce qui m’a le plus hérissé le poil.

D’aucuns taxent ce livre d’islamophobe moi je pense qu’on peut aussi le taxer de francophobe car finalement à la lecture ce n’est pas seulement la communauté musulmane qui est fustigée mais aussi la société civile française. Pour Houellebecq s’opposeraient en France trois groupes dépeints chacun sous des couleurs absolument négatives…

D’un côté un bloc raciste et identitaire qui  refuse tout ce qui pourrait altérer l’idée d’une société française pure et millénaire…
De l’autre une société civile agarde et faible qui regarde son destin se forger sans vraiment réagir…

Et pour finir en Deus ex Machina (ou plutôt Allah ex Machina) la communauté arabomusulmane représentée par son parti politique dont les desseins machiavéliques n’ont d’égal que la volonté de recreer un empire a sa gloire.

Ce livre c’est no future no hope

Le protagoniste qui ressemble comme deux taffes de gitane à l’auteur traîne sa dépression et sa vie minable de fac en bibliothèque. Il n’a aucune ambition, aucun charisme, aucune émotion et regarde les événements de sa vie se dérouler avec apathie sans jamais donner l’impression d’en prendre sa part de responsabilité.

Et l’islam dans tout ça me direz vous ? Et bien la seule chose qu’en ait retenu Houellebecq c’est la possibilité pour les hommes d’avoir plusieurs femmes. Il semblerait que la polygamie soit d’ailleurs le moteur d’écriture de ce livre puisque c’est par elle que le protagoniste rejoindra la cause désormais dominante.

En un mot j’ai détesté cette lecture et honnêtement j’ai du mal à comprendre que les fantasmes libidineux de Houellebecq aient pu être à ce point là encensés par la critique et par les lecteurs. Dieu sait que je ne suis pas croyante et encore moins pratiquante mais cette vision dégradante de la religion est aux antipodes de celle que je connais.

Mais ce qui m’a encore plus choquée c’est la façon dont l’auteur dépeint ses concitoyens. On oscille entre des ploucs racistes et des fins de races amorphes. Bref j’ai refermé ce livre en ayant envie de vomir devant cette vision dépressive et déprimante d’une France qui n’est définitivement pas la mienne.

La Mecque-Phuket de Safia Azzeddine

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Le pitch :

En bonnes filles vertueuses, Fairouz et sa soeur Kalsoum économisent l’argent de leurs petits boulots pour réaliser le rêve de leurs parents : un pélerinage à la Mecque.

Mais, pour une fois, la jeune Fairouz, un brin rebelle, a bien envie de s’affranchir des traditions familiales et religieuses pour succomber aux tentations occidentales modernes, et acheter, plutôt, des billets pour Phuket…

 

De Saphia Azzeddine j’ai au moins 3 livres qui traînent chez moi mais je n’avais encore ouvert aucun d’entre eux. Peut-être par peur de la déception que suscite souvent chez moi les auteurs qui font l’unanimité chez les autres. Et puis disons le tout de go la demoiselle était un peu trop jolie pour mériter par la seule force de son écriture les critiques dithyrambiques qui avaient salué chacun de ses livres.

Mais voilà ce soir je n’avais pas envie de me replonger dans le polar qui me tendait pourtant ses pages et je me mis à fureter un peu partout dans cette bibliothèque saturée de mes insatiables achats pour y trouver un roman que je n’aurai pas encore lu.

J’avais quelques appréhensions face au sujet couvert de peur de tomber dans des clichés éculés sur les familles maghrébinofrançaises mais dans une fulgurance je me rappelais alors que ma sœur m’avait dit l’avoir lu et adoré. Il ne m’en fallait pas plus pour l’ouvrir aussitôt, une critique de ma sœur adorée valant bien plus à mes yeux que tous les apostrophes télévisés.

Et le moins qu’on puisse dire c’est que ce court roman a donné à ma soirée le relief qui manque à mes journées.  On y suit ainsi les aventures truculentes et les saillies mordantes de Fairouz, cette jeune femme maghrébine qui avec sa sœur n’a d’autre rêve que d’offrir le pèlerinage de toute une vie à ses parents. Mais que de concessions, que d’arrangements avec ses valeurs et ses opinions elle devra accepter pour réunir la somme escomptée.

Cette Fairouz me fait indubitablement penser à quelqu’un ??. Une langue pendue et acerbe qui ne mâche pas ses mots face à l’hypocrisie régnant en maître absolu d’une communauté qui se veut vertueuse et pieuse. Honnêtement il faut avoir quelques grammes d’harissa dans le sang et de couscous dans les gènes pour comprendre à quel point le portrait fait de ces familles maghrébines de France est criant de vérités bien peu politiquement correctes.

J’ai éclaté de rire en lisant les descriptions mordantes des visites sur le marché où la mafia des daronnes se donnent rv pour collecter ragots et potins qui feront le sucre des thés auxquelles elles s’invitent toutes rituellement à tour de rôle. J’ai pouffé en lisant le traitement peu glorieux mais tellement réaliste réservé aux éminents représentants du sexe dit fort de chez nous. J’ai eu le cœur serré par les mésaventures de son pied nickelé de frère qui certes n’a pas la lumière à tous les étages mais essaie néanmoins de s’en sortir dans une société qui le condamne à la seule évocation de son origine.

Ce que j’ai surtout trouvé très juste c’est la place donnée à l’image et aux apparences qui prend le pas et le poids sur absolument tous les comportements & les modes de réflexions. Elle décrit vraiment très bien à quel point l’image que donne les familles d’elles-mêmes prime sur la réalité & la vérité de ce qu’elles sont. D’où des injonctions contradictoires et sclérosantes sur les comportements de tout un chacun par simple peur d’être mal perçu par la « communauté » qui a forcément raison sur l’individualité de tout un chacun. Là où elle aurait pu appuyer et faire mal(e), Safia Azzeddine fait preuve de beaucoup de subtilité n’hésitant pas à brocarder les mentalités bien pensantes et les poncifs nous concernant. Le tout avec un humour et une gouaillerie féroce qui ont un délice de cette lecture qui m’a étonnement surprise.

Bref je le termine avec l’impression d’avoir passé la soirée dans une famille qui pourrait être la mienne où le rire le dispute souvent aux larmes et aux grands discours agacés. Une chose est sûre désormais, je m’en vais de ce pas exhumer de ma bibliothèque les autres roman de Mlle Azzeddine.

 

 

 

Le livre des Baltimore de Joel Dicker

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Le pitch :

Jusqu’au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l’auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c’est l’histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu’en février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s’atteler à son prochain roman.

 

Il ne faut pas se fier aux apparences dit l’adage. Combien de fois n’a-t-on pas entendu cette vérité et ne s’est on pas pour autant laissé prendre au piège ? C’est un peu ce que raconte ce nouvel opus de l’excellent Joël Dicker avec « Le livre des Baltimore ». D’apparences, de familles, d’amitiés et d’amour sont faites ces pages et cette histoire qui se lit comme on boit une citronnade fraiche un jour de canicule. C’est bien simple, j’ai ouvert le livre le matin, je l’ai refermé sur la dernière page le soir même tant l’histoire & les personnages sont prenants.

De l’auteur j’avais lu il y a quelques années de cela son roman « la vérité sur l’affaire Harry Quebert », roman qui m’avait enchantée par sa fluidité et son suspense haletant. Dans son nouveau roman on retrouve le même Marcus Goldman qui avait tiré son ancien professeur de l’ornière et d’accusations de meurtres, mais on le retrouve bien avant qu’il ne soit cet auteur à succès. Enfin pas vraiment car l’auteur jongle sans cesse entre flash-back, flash-forward et présent pour mieux brouiller les pistes d’un drame familial.

Comme dans l’affaire Harry Quebert, l’auteur à succès Marcus Goldman est au cœur d’une intrigue qui se joue entre deux familles. Du moins une seule et même famille, les Goldman, dont les deux frères et leurs familles respectives ne sauraient être plus dissemblables de prime abord. D’un coté les Goldman de Baltimore incarnent la réussite et le rêve américain avec ce père avocat au grand cœur, la mère brillante médecin à John Hopkins mais néanmoins matriarche aimante, le fils Hillel paré de toutes les qualités intellectuelles et ce jeune homme Woody que la famille va recueillir & qui en deviendra un membre à part entière. De l’autre les Goldman de Montclair dans le New-Jersey, la version brouillon, moins bien aboutie et moins reluisante dont sera issu Marcus Goldman.

Entre ces deux familles, Marcus sera le trait d’union puisqu’en sa qualité de neveu des Goldman de Baltimore il passera ses vacances, ses étés et chaque seconde de son temps libre loin de sa propre famille des Goldman de Montclair. Marcus, Hillel et Woody vont ainsi former le gang des Goldman, un trio indéfectible de cousins ou assimilés qui va grandir et faire ses premières expériences adultes ensemble. Un trio a géométrie variable puisque d’autres personnes viendront se greffer plus ou moins longuement et bouleverser l’équilibre en apparence inébranlable.

Je ne vais pas révéler le cœur de l’intrigue mais il sera question d’un drame…d’ailleurs c’est un des aspects du livre qui m’a je dois le dire agacé il se passe les 3/4 du livre avant qu’on sache finalement de quoi il retourne même si a tourner les pages on sent bien que tout cela ne va pas si bien finir. Un autre aspect qui m’a vraiment étonnée c’est l’absence totale de réaction de Marcus Goldman qui laisse leur seul & unique fils leur préférer la famille de Baltimore sans qu’on ait l’impression que cela ne leur pose le moindre souci. Personnellement je ne connais pas un parent qui ne ferait pas une jaunisse à l’idée d’être mis de coté pour d’autres figures parentales plus riches et valorisantes.

Mais globalement mis à part ces deux points, j’avoue que j’ai autant aimé la lecture de cet opus que du précédent. Indubitablement Joël Dicker a un don pour narrer des histoires qui fait qu’une fois le livre dans la main il devient difficile de faire autre chose que de le terminer. Du suspense, des sentiments, des interrogations, des rebondissements…tous les ingrédients pour passer un excellent moment et ne pas voir le temps passer.

Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi

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Le pitch :

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé…Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ?
C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.

 

Pour moi un livre c’est comme un compagnon. Il est là à m’attendre quand je rentre le soir d’une journée de travail, prêt à me raconter de nouvelles histoires, à me réchauffer de bons moments, titillant mon imagination et remplissant mon cœur d’émotions. C’est sans doute les livres que j’ai toujours considéré comme mes plus fidèles amis, raison pour laquelle ils envahissent mon appartement sans que je n’y trouve rien à redire.

C’est justement d’amitiés dont il est question dans ce livre que j’ai lu en me réveillant ce matin face à un soleil splendide et à un ciel bleu. Des amitiés que l’on se choisit quand la famille devient trop douloureuse. Des amitiés qui aident à se reconstruire et à grandir.

Dans ce roman, l’héroïne perd successivement son père, son fiancé & sa grand-mère. Sonnée par ce triple coup du destin, elle accepte un remplacement dans une maison de retraite pensant y trouver là le moyen d’échapper à sa tristesse. Après tout auprès de vieux grincheux et de vieilles biques, elle aura pense-t-elle une paix royale. Mais finalement elle va retrouver auprès des résidents ainsi que du personnel le gout à la vie et l’envie de sortir de sa mélancolie.

C’est le genre de livre qu’on aime sans néanmoins trop s’en vanter car le style n’est pas vraiment de ceux qui termineront en collection dans La pléiade. Mais qu’importe après tout car personnellement je n’ai sans doute jamais lu un seul livre de cette collection et je crois que je m’y ennuierai autant qu’à lire le code général des impôts.

La preuve en est que je l’ai lu en une matinée au chaud sous ma couette en ayant aucune envie de le lâcher tant je me suis sentie bien en le lisant. Alors oui le style est celui d’un feel good roman, un peu bleuette sur les bords, mais parfois ça fait aussi du bien de s’entourer d’un peu de douceurs, de lire une fiction pleine de bons sentiments. C’était déjà le cas avec le premier roman de Virginie Grimaldi « le premier jour du reste de ta vie » que j’avais lu il y a quelques temps de cela.

Avec ce second roman je dois dire que je n’ai clairement pas été déçue, j’ai retrouvé son style d’écriture qui me fait tant sourire vu les comparaisons loufoques dont elle peuple chacune de ses phrases mais aussi cette sensibilité dont on se doute bien qu’elle est sienne et qu’elle offre à certains de ses personnages. Il y a aussi la persistance du thème du temps qui passe, de la chance qu’il faut savoir saisir et des regrets qu’il ne faut pas avoir.

Je sors de la lecture d’un de ses romans tout ragaillardie et triste à la fois car inéluctablement je m’attache à ses personnages avec qui j’ai passé quelques centaines de pages et dont l’histoire se termine. Mais je me console en me rappelant qu’elle a sorti un nouveau livre il y a peu de temps, vais-je céder une fois de plus pour l’acheter sans attendre la sortie en poche ou vais-je plonger dans cette pile de livres qui s’amoncellent et n’attendent que moi….

La suite au prochain épisode 😉

La tresse de Laetitia Colombani

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Le pitch :

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

 

Bon je l’avoue…j’ai dérogé à ma sacro-sainte règle !

Pour une fois j’ai acheté un livre avant qu’il ne sorte en poche mais je dois avouer que je n’ai pas su résister au concert de louanges sur ce livre. La première fois que j’en ai entendu parler c’était sur France Inter et je dois avouer que mon intérêt a tout de suite été titillé par cette histoire de femmes qui se croisent comme les cheveux d’une tresse. Et quand j’ai pu voir que la grande librairie de France 5 en faisait également l’éloge, je me suis dit que de deux choses l’une, soit il s’agissait d’un coup marketing diablement ficelé soit d’un roman à ne pas louper.

Alors hier alors que je flânais dans les rayons d’une librairie en me sommant in petto de ne rien acheter car trop de livres m’attendaient déjà chez moi, je suis « tombée » dessus. Bon allez je l’avoue, je la cherchais un peu cette occasion de l’acheter et une fois devant eh bien impossible de ne pas mettre la main dessus (ainsi que sur quelques autres poches qui me tendaient les bras d’un air suppliant auquel je ne sais pas vraiment résister).

Me voilà donc hier soir de retour chez moi avec ma moisson du jour et immédiatement je me suis plongée dans l’histoire de ces trois femmes qui chacune sur un continent vit à sa façon un déchirement personnel. Smita l’intouchable en Inde qui refuse pour sa fille Lalita ce futur peu enviable de laveuse de latrines auquel la condamne la société indienne. Sarah la working girl canadienne dont l’univers fait de réussites professionnelles et de maitrise de soi va s’écrouler quand la maladie s’attaquera à son sein. Giulia la sicilienne qui devra prendre la succession de la fabrique familiale de perruques quand son père sera victime d’un accident.

Des femmes que rien ne rapproche mais qui sont toutes confrontées aux mêmes difficultés : aimer, élever un enfant, trouver un sens à leur vie, soutenir leurs familles…De chaque chapitre en chapitre on vit au rythme des affres et des petits bonheurs auxquelles chacune sera confrontée. Un seul lien entre ces femmes, une tresse de cheveu qui symbolisera pour chacune une forme de rédemption et une reconquête de leur destin.

J’ai refermé la dernière page du livre tard dans la soirée mais avec le sentiment d’avoir eu raison pour une fois de céder à la tentation. Le livre est diablement efficace et on le lit avec un immense plaisir sans réussir à le lâcher. Une de ces qualités est de ne pas s’enfoncer dans le pathos face à des situations qui pourtant pourraient le justifier. Maladie, discrimination, faillite autant de fléaux qui s’abattent sur ces femmes mais comme Samson elles tireront de cette tresse de cheveux une force qui leur permettra de se dépasser et de vaincre l’adversité.

Bref un roman que je vous conseille les yeux fermés tant il m’a fait perdre la notion du temps et de l’espace le temps d’une soirée.

Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr

Le pitch :

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marie-Laure, jeune aveugle, se réfugie à Saint-Malo avec son père.

Employé au Muséum d’histoire naturelle de Paris, il est chargé d’un diamant qui ne doit pas être volé par les Allemands.

En Allemagne, le jeune Werner, orphelin, est dans la Wehrmacht. En 1944, leurs destins se croisent.

 

 

Certaines époques soient propices à l’écriture et l’imagination, et à n’en pas douter la seconde guerre mondiale fait partie de celles-ci. Pour avoir lu énormément de livres se déroulant sur le terreau fertile des guerres, je dis reconnaitre que celui-ci est d’excellente facture. Ce ne fut néanmoins pas le coup de cœur espéré par la présence en évidence dans la présentation du prix Pulitzer gagné par l’auteur.

Dans ce roman il est question comme son titre l’annonce de lumière.

Une lumière qui fait défaut à la jeune Marie-Laure qui ne pourra plus jamais la voir une fois sa cécité définitivement installée.

Une mise en lumière de ceux qui se cachent pour combattre les nazis partout en Europe que Werner parvient par la grâce des ondes radiophoniques à débusquer.

La lumière chatoyante dont brille un diamant aux propriétés quasi maléfiques qui viendra tel un trait d’union réunir ces deux enfants que tout oppose.

L’histoire suit donc ces deux protagonistes qui chacun selon son camp vivra les affres et la débâcle de la guerre. Après avoir échappé de justesse à l’arrivée des nazis sur Paris, Marie Laure trouvera refuge dans la maison familiale de St Malo où elle devra réussir à s’adapter à une nouvelle vie, une nouvelle ville et composer avec la disparition de ce père qui l’aura protégée jusque dans ces derniers mots.

Quant à Werner, comme tant d’allemands de l’après première guerre mondiale, il grandit dans un pays qui a érigé sa revanche en objectif ultime. Orphelin, il n’aura pas d’autre choix que d’être embrigadé dans l’armée allemande mais devra son relatif salut à ses formidables capacités dans le domaine des transmissions radios.

Deux enfants emportés par la folie meurtrière de cette guerre qui de chapitre en chapitre se rapprocheront à la fois physiquement mais aussi émotionnellement.  Eprouvant tous deux incompréhension & révolte face à l’absurdité et la folie meurtrière qui s’abattent sur leurs pays respectifs, ils résisteront chacun à leur façon à l’ennemi qui au final s’avérera commun.

J’aimerai dire que j’ai été enthousiasmée par ce roman mais ce ne fut pas vraiment le cas. Autant au début je me réjouissais de retrouver le fil de l’histoire autant mon intérêt s’est émoussé au fil des chapitres. Pourtant je ne peux pas dire qu’il est mal écrit, mal documenté ou que les personnages ne sont pas attachants…mais il m’a manqué un petit quelque chose, un petit supplément d’âme pour faire de ce livre un vrai coup de cœur.

Sans doute que la mention du prix Pulitzer reçu par l’auteur m’a fait m’attendre à un chef d’œuvre et que j’avais mis la barre trop haute. Il s’agit là en fait d’un roman de bonne facture mais il ne restera pas dans mes annales aussi marquants que d’autres Pulitzer que j’ai eu le bonheur de lire comme l’étonnant Middlesex de Jeffrey Eugenides ou les magnifiques Heures de Michael Cunningham.

Par le passé j’ai eu le plaisir de lire des livres sur la seconde guerre mondiale qui m’ont bien plus accrochée que celui-ci. Livres qui m’ont marquée que j’avais du mal à lâcher une fois les premières pages lues et que je vous conseille bien plus chaleureusement  : Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, Hhhh de Laurent Binet, Une suite française d’Irène Nemerovsky,  Les mots du passé de Jean-Michel Denis ou la trilogie berlinoise de Philipp Kerr.

 

Le chinois de Henning Mankell


Le pitch

Une tache écarlate sur la neige. Plus loin, une jambe… En tout, dix-neuf personnes massacrées à l’arme blanche à Hesjövallen. Selon les médias, un psychopathe a frappé. Pour la juge Birgitta Roslin, tout est trop bien organisé. Sa seule piste: un ruban rouge chinois. Indice qui la mène jusqu’à Pékin, dans les familles des émigrés du siècle dernier. Les humiliés auraient-ils pris leur revanche ?

J’adore Henning Mankell.

Je crois l’avoir professé à longueur de posts et jusqu’à présent rares sont ses livres qui m’ont déçue. Mais avec celui-ci je dois dire que la perplexité l’emporte sur l’enthousiasme.

A vrai dire ce n’est ni un polar ni un roman ni une étude sociologique ni un essai politique c’est un peu un mélange de tout cela une sorte d’OLNI : Objet Littéraire Non Identifié 😉

Mais don’t get me wrong, je n’ai pas dit que je n’avais pas aimé c’est juste que je n’ai pas vraiment identifié ce que je lisais. Alors que la couverture noire me laissait esperer une énigme cuisinée aux petits oignons suédois, j’ai lu un polar dont le mystère est résolu d’emblée.

Dès les premières pages ou disons les premiers chapitres on identifie extrêmement facilement qui a commis les crimes. D’ailleurs le titre nous indique  clairement sa provenance. Il suffira de quelques chapitres pour comprendre la raison de ce carnage.

Alors pourquoi diable ce livre fait donc plus de 500 pages me direz vous lecteur assidu de mes modestes chroniques ? Eh bien  ma bonne lucette c’est parce qu’en réalité l’intrigue ne repose pas tant sur l’identification du meurtrier que dans l’explication de ses motivations. Et pour les identifier, les analyser et les disséquer on va en faire du chemin !

De la Chine ancestrale, à l’Amérique balbutiante… Des contrées glacées de la campagne suédoise à la chaleur du Mozambique… Du passé au présent…D’une juge suédoise à un mandarin New génération… Mankell nous fait voyager quite à nous perdre en chemin.

Bref autant vous dire que tout cela est un peu tiré par les cheveux mais au passage on y découvre une chronique assez précise et pertinente des ressorts de la société chinoise actuelle et son rapport au monde.

Mankell nous plonge dans les méandres du Parti communiste chinois qui cherche comment faire sa mue sans renier les principes de façade dont il réclame. En cela ce livre m’a rappelé les romans de l’inspecteur Chen Cao de Qiu Xialong dont je vous avait déjà parlé récemment.

Lui aussi navigue dans ses romans entre étude sociologique de la Chine actuelle et meurtre commis dans le Shanghai moderne mais je dirais que la comparaison s’arrête là.

Au final je reconnais une toute petite déception peut-être. J’ai quand même fini le livre mais de façon assez poussive je dois le dire. Cependant j’avais envie d’aller jusqu’au bout de ma lecture car l’auteur étant malheureusement décédé je n’aurai plus tellement l’occasion de lire de ses nouveaux romans.

Bref ce n’ est pas le roman qui vous fera aimer Mankell mais personnellement il ne me l’a pas non plus fait détester.

Un week-end au paradis….normand

Habiter Paris c’est être émerveillée en permanence par la beauté de la capitale et submergée par les possibilités culturelles infinies qui s’ouvrent à moi.

Habiter Paris c’est aussi oublier à quel point la France est belle et qu’il y a tant à y découvrir si on se donne la peine d’aller au-delà de la première couronne.

C’est donc cette peine que je me suis donnée un week-end de début avril, enfin peine est un bien grand mot puisqu’il s’agissait surtout du plaisir immense de revoir mon neveu et ma nièce qui vivent désormais dans la belle ville de Rouen.

De Rouen je ne connaissais pas grand-chose, j’y étais passée il y a une vingtaine d’années pour les oraux de l’école de commerce de la ville avant finalement de choisir une autre sup de co. J’avais simplement gardé le souvenir d’une rue qui grimpait sec de la gare vers les hauteurs où se situait l’école.  Du coup pour moi Rouen c’était un souvenir mitigé d’une ville un peu endormie et sans grand intérêt (et mes jambons en feu à l’arrivée après avoir trainé ma valise 😉 ).

Quelle erreur !

Rouen est tout le contraire, une ville pleine de vie et riche d’un patrimoine architectural et religieux qui vaut clairement le temps de s’y attarder. Rouen n’est qu’à une petite heure et demie de Paris mais il semblerait que la ville soit largement méconnue tant les franciliens se précipitent tous ventre à terre vers la cote normande sans jamais s’arrêter au moindre rayon de soleil. Mais les très nombreux touristes étrangers eux ne s’y trompent pas et ils font leur bonheur de cette belle ville. Entre les maisons à colombage qui pullulent un peu partout et les 1001 églises toutes plus belles les unes que les autres on ne sait plus où donner de  la tête.

Et des terrasses comme on en voit jamais à Paris, où chacun peut s’asseoir sans partager les discussions de ses voisins & sans avoir à être collés/serrés à qui pire pire sur de minuscules tables sur un non moins minuscule trottoir en prise direct avec les odeurs de pot d’échappement. Ce sont aussi des commerçants à ce point là sympathiques & accessibles qu’ils semblent connaitre leurs clients par leurs petits noms (à moins que ce ne soit la petite famille de mon frère qui ne soit elle devenue connue entre la bonhommie de mon frérot, la douceur de ma belle sœur et l’adorablissimité (oui je sais ca n’existe pas comme mot mais j’écris ce que je veux chez moooooa) de mon neveu et de ma nièce).

Et tout autour de Rouen, on a le choix et absolument pas d’embarras pour trouver de magnifiques petits villages normands qui semblent tout droit sortis d’une carte postale à la Amélie Poulain tant ils ont gardé leur beauté et leurs charme pittoresque. Durant ce week-end j’ai ainsi eu le plaisir de découvrir la charmante ville de Beauvron en Auge. Ce village qui est apparemment classé dans le top des plus beaux villages de France est un concentré de ce que peut représenter la France aux yeux des nombreux touristes qui s’y pressent.

Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est l’espace des métiers d’arts qui a été  créé pour mettre le talent des artisans  locaux à l’honneur. Céramiste, peintre, photographe, créatrice de bijoux, ébéniste…tout ce petit monde présente ses œuvres mais surtout réalise devant nos yeux ébahis leurs œuvres puisque le principe est que leurs ateliers sont ouverts. Du coup on peut discuter et se faire expliquer leurs techniques & glaner des conseils utiles sur l’utilisation de leurs produits.

Et last but not least, on a fini par une après midi ensoleillée sur la plage de la splendide petite ville de Villers sur mer. Si d’aventure quelqu’un se demandait à quoi ressemblait une petite ville de bord de mer au tout début du siècle, un petit tour s’impose tant Villers a su garder un charme suranné avec ses splendides maisons à colombages et ses villas de rêves que j’imagine avoir été construites pour la bourgeoisie parisienne de l’époque. Cette ville a tout le charme de la Normandie sans les hordes de parisiens qui se pressent à qui pire pire sur la place (enfin bon y en avait quand même mais dans de moindres mesures par rapport à Deauville tout proche & mieux desservie par train).

Un week-end ultra dépaysant et qui me fait réaliser que sortir de Paris fait un bien fouuuuuuu parfoiiiiiis 😉

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Intra Muros d’Alexis Michalik au Théâtre 13

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Les livres sont ma passion mais je dois bien avouer que le théâtre est un petit bonheur que je m’octroie très régulièrement. Quand on habite en région parisienne on a vraiment l’embarras du choix tant la production théâtrale y est florissante et créative. Depuis quelques années j’éprouve un plaisir particulier à me rendre régulièrement voir des pièces toutes plus différentes les unes des autres.

Mais en filigrane ce que je viens toujours y rechercher c’est cette émotion particulière qui m’étreint grâce au jeu de ces acteurs à quelques mètres de moi et dont je peux ressentir les émotions avec une acuité bien plus grande et plus réaliste qu’au cinéma.

Et en termes d’émotions je crois pouvoir dire que personne à ce jour n’a réussi à m’en faire ressentir autant au théâtre que ce diable de génie d’Alexis Michalik. J’avais entendu parler vaguement de ses pièces il y a quelques années et la critique élogieuse qui en était faite un peu partout m’avait amenée à m’y intéresser de plus près.

Et me voilà donc un soir à tenter ma chance en allant une de ses premières pièces « Le cercle des illusionnistes » quand il passait à la Comédie des Champs Élysées. Ce fut une claque, une rencontre, un éblouissement tels que je n’en avais jamais ressentis au théâtre jusqu’à présent.

Avec Michalik nulle tête d’affiche, nulle star, nulle promotion à la télévision…non Michalik c’est l’essence même du théâtre : une troupe, un texte, un décor minimaliste mais des émotions en pagaille. Ce sont des acteurs qui endossent milles et un rôle et dont on oublie même qu’ils jouaient un autre personnage quelques secondes auparavant.

Mais c’est surtout un texte d’une précision, d’une vigueur, d’un modernisme incroyable. Un texte au service des émotions et de la vérité d’acteurs dont on sent avec quel bonheur et quelle générosité ils jouent ses textes et incarnent ses histoires.

Avec l’enthousiasme d’une groupie je ne me suis mise alors à le suivre et j’ai vu religieusement chacune de ses pièces.

Le Porteur d’histoire au théâtre des Béliers qui à date reste la pièce qui m’a le plus chamboulée sans doute car on y parle du pays de mes origines et des relations parents/enfants. Edmond au théâtre du Palais Royal, un monument de drôlerie, d’inventivité et de créativité pour nous raconter la genèse de Cyrano de Bergerac par Edmond Rostand. Et hier soir, dans le nouvellement rénové Théâtre 13, sa dernière création : Intra muros !

On y reconnait le « style » Michalik : une effervescence de scènes qui se succèdent à un rythme endiablé, une histoire riche en rebondissements, des émotions brutes et subtiles à la fois, le tout servi avec maestria par un collectif d’artistes impeccables. Pourtant le thème n’était pas aussi léger que celui de sa pièce précédente. Intra muros raconte un cours de théâtre donné par un metteur en scène sur le retour au sein d’une prison. Seuls deux détenus participeront au cours…mais des détenus aux parcours de vie émouvants et riches d’humanités qu’ils partageront sur scène pour nous.

Les mises en abyme successives sont tout simplement parfaites et les histoires s’enchevêtrent avec bonheur jusqu’aux révélations ultimes. Tout du long de la pièce on voit les personnages évoluer alors que leurs passés respectifs, leur présent d’incarcérés et leurs possibles futurs pluriels se confondent et nous confondent. Le cours sert finalement d’excuse à Michalik pour nous en apprendre plus sur les raisons qui les ont chacun menés dans ce sinistre endroit et il sera le catalyseur pour les aider à s’en échapper au moins en pensées.

A chaque pièce de Michalik, j’ai apprécié que le jeu de la troupe soit au service du texte, aucune bataille d’égo ou de narcissisme de stars ne venait empiéter sur le propos de la pièce. Mais hier ce fut différent car un acteur s’est clairement distingué par son jeu, sa force, sa sensibilité et ses émotions. Il est certes resté partie intégrante du collectif mais rien à faire son talent a fait briller son personnage d’un éclat rarement rencontré dans les multiples pièces que j’avais vu par le passé.

Tour à tour il réussit à transfigurer Kevin, le personnage qu’il incarne : jeune enfant paumé, racaille en perdition, voyou à la violence explosive, prisonnier aveuglé de haine contre le système. Il était sans espoir ni avenir jusque sa route croise celle d’un détenu corse taiseux qui par la grace de ses conseils avisés le fera enfin devenir un Homme. Un homme qui prendra sa part de responsabilités dans ses échecs, évoluera vers une meilleure connaissance de lui-même et grandira en sensibilité et finesse pour se révéler touchant de gouaille et d’entrain.

safi-faycal-barbe-3Fayçal Safi, puisque c’est lui dont il s’agit, est l’acteur qui a su incarner ce personnage avec une conviction, une force et une douceur qui m’ont littéralement époustouflées (rien a voir avec son physique puisque meskin le pauvre il est clairement très moche vous l’aurez remarqué 😉 ) . J’ai eu la surprise et le plaisir de le croiser devant le théâtre après la pièce et j’ai oublié ma timidité maladive (NDLR : une ironie légère s’est glissée dans ce texte, la trouveras tu cher lecteur 😉 ?) pour de lui dire tout le bien que j’avais pensé de sa prestation. J’espère que bientôt à ma modeste voix viendront s’ajouter de très nombreuses autres car il mérite clairement un coup de cœur du public et la reconnaissance de la profession à laquelle il fait honneur.

Bref (comme toujours je me marre en écrivant ce mot puisque la synthèse n’est définitivement pas mon fort) n’hésitez pas à aller voir les pièces de Michalik si vous cherchez une idée de sorties théâtre. Pour votre plus grand bonheur elles sont toutes actuellement jouées à Paris dans différents théâtres (un petit tour sur billetreduc et les places à tarifs réduits vous tendent leurs bras) et honnêtement je ne connais que très peu de monde qui m’a dit n’avoir pas apprécié une de ses pièces.

Allez zou réservez fissa, plaisir garanti au programme !