C’est lundi, que lisez vous ?·Livres

C’est lundi, que lisez vous ?

Allez on reprend la chronique « C’est Lundi, que lisez-vous » d’après le post sur Ma toute petite culture, issu de l’idée du Blog de Galleane, elle même inspirée par un blog made in US.

Ce que j’ai lu la semaine passée :

img_20170314_130659.jpgLa colline aux esclaves de Kathleen Grissom
Ce roman dont j’avais lu tant de bien sera définitivement à classer au rayon des grosses déceptions et des engouements incompréhensibles de mon point de vue.
A la lecture, ce roman m’a fait penser à un loukoum mal cuisiné, coloré de l’extérieur au point de vous donner l’eau à la bouche mais indigeste de sucrerie une fois qu’on l’a fini. Mais bon les gouts et les couleurs étant ce qu’ils sont, il y a foule de lecteurs (enfin surtout de lectrices) à avoir adoré.

Nos rêves de pauvre de Nadir Dendoune

Je ne lis que très rarement des essais leur préférant par goût les romans ou les polars. Maisimg_20170318_083729.jpg celui ci était assez particulier d’une part car l’auteur ne m’était pas inconnu puisque je lisais déjà ses Chroniques du Tocard dans le Courrier de l’Atlas et d’autre part car tout ce qui a attrait à mes origines a tendance à réveiller ma curiosité.
Ce livre est un recueil qui se concentre sur les chroniques liées à sa famille et notamment ses parents Mohand & Messaouada Dendoune.L’auteur est autant sulfureux que ses écrits sur ses parents sont emplis d’amour ou de douceur.
 Je l’ai lu d’une traite en quelques heures et ne serait ce que pour le peu de visibilité médiatique dont bénéficient les auteurs d’origine maghrébine j’ai envie de vous inciter à votre tour de le lire.
Mais ce n’est pas la seule raison mais aussi pour vous faire découvrir un auteur touchant au delà de ses éclats de voix qui ont l’air de cacher une grande sensibilité qui se révèle dès qu’il parle de ses parents.

Ce que je suis en train de lire :

Le Chinois de Henning Mankell51q6qNr7iQL._SX301_BO1,204,203,200_

Je suis définitivement une accro des polars, sans doute car ils répondent à ma préférence personnelle pour l’ordre dans les récits du fait même de la nature du genre. Un polar c’est forcément un début, un milieu et une fin où l’auteur n’a que peu de possibilité de partir dans de long soliloques qui ont tendance à m’agacer ou m’endormir. Henning Mankell fait partie de mes auteurs de polar préférés, avec Connelly, Xialong, et Vargas. Ce qu’ont en commun ces auteurs c’est sans doute une vision assez sombre du genre humain qu’ils font incarner à leurs héros qu’on retrouve au fil des livres. Kurt Wallander, Harry Bosch, Chen Cao, ou Jean-Baptiste Adamsberg, ils sont tous fait de même moule de l’homme désabusé mais clairvoyant qui coute que coute ira débusquer l’assassin où il se terre. Le Chinois est le roman qui a suivi le point final donné à la saga Wallander. Et pour un changement s’en est un puisque contrairement à ces livres avec Wallander, on ne reste pas dans la familière ville d’Ystad mais il va nous faire voyager de Suède, en Chine, aux Etats-Unis à la recherche d’un meurtrier sanguinaire qui va puiser les motifs de sa vengeance loin dans le passé de sa famille (enfin c’est ce que je suppute car je n’en suis qu’au tiers).

Le pitch :

Une tache écarlate sur la neige. Plus loin, une jambe… En tout, dix-neuf personnes massacrées à l’arme blanche à Hesjövallen. Selon les médias, un psychopathe a frappé. Pour la juge Birgitta Roslin, tout est trop bien organisé. Sa seule piste: un ruban rouge chinois. Indice qui la mène jusqu’à Pékin, dans les familles des émigrés du siècle dernier. Les humiliés auraient-ils pris leur revanche ?

Que vais je lire ensuite  :

51qs5JYHufL._SX333_BO1,204,203,200_J’ai été littéralement enthousiasmée à la lecture du premier livre de Susan Abulhawa, Les Matins de Jénine. Le sujet est douloureux et entraine souvent des discussions homériques entre les deux peuples ou ceux qui croient à tord ou à raison porter leurs voix dans le monde. Mais au delà du drame palestinien, c’est surtout la petite histoire d’une famille dans la grande Histoire d’un pays et de deux peuples. Alors on peut penser voire pencher d’un côté comme de l’autre, mais il n’en reste pas moins que « Les matins de Jénine » fut un des romans qui m’a le plus marquée ces dernières années. J’espère que « le bleu entre le ciel et la mer » fera honneur à son prédécesseur.

Le pitch :

1947. La famille Baraka vit à Beit Daras, village paisible de Palestine entouré d’oliveraies. Nazmiyeh, la fille aînée, s’occupe de leur mère, une veuve passant ses journées à errer et sujette à d’étranges crises de démence, tandis que son frère Mamdouh s’occupe des abeilles du village. Mariam, leur jeune soeur aux magnifiques yeux vairons, passe ses journées à écrire en compagnie de son ami imaginaire. Lorsque les troupes israéliennes se regroupent aux abords du village, personne n’imagine un seul instant la terreur qui est sur le point de les frapper. Très vite, Beit Daras est mis à feu et à sang, et la famille doit prendre la route, au milieu de la fumée et des cendres, pour rejoindre Gaza. Ce voyage les poussera au bout de leurs limites. Seize ans plus tard, Nur, la petite-fille de Mamdouh, s’est installée aux Etats-Unis. Elle tombe amoureuse d’un homme marié, un médecin qui travaille en Palestine, et elle le suit à Gaza. 

Et vous que lisez vous cette semaine ?

(allez soyez pas timide, dites le moi, ça me donnera sans doute de nouvelles envies/idées de lecture)

ps : pour ceux & celles qui me connaissent si vous êtes intéresse par un livre évoqué,

un petit mail ou appel & je vous le mets de coté & vous l’envoie

Livres

Nos rêves de pauvre de Nadir Dendoune

Hier alors que je me rendais me faire une toile au MK2 en bobo de carton que je suis, me voilà à passer devant une librairie & à me dire que je voulais justement acheter quelques bouquins car il est établi qu’une femme digne de ce nom n’a jamais assez de livres pour l’entourer et la rendre heureuse. Les bras chargés de multiples romans & polars, je furetais dans les rayons quand je tombais sur « Nos rêves de pauvre » de Nadir Dendoune. Je commençais aussitôt à feuilleter & sa première phrase me coupa littéralement le souffle tant je la partageais, la comprenais et l’incarnais.

« Quand j’étais gamin, je ne rêvais de rien.

C’était difficile d’avoir des rêves de riches

quand mes parents avaient une vie de pauvre »

Le livre a aussitôt rejoint mon panier & a bientôt agrandi de quelques centimètres supplémentaires ma pile de livres à lire dont la longueur n’a rien à envier à la circonférence de mes hanches, c’est dire pour ceux qui connaissent 😉 Sitôt le film terminé j’étais chez moi où je l’ai lu et fini en moins de 3 heures. J’aurai voulu aussitôt le chroniquer ici pour mes millions de lecteurs assidus (entre parenthèse (ou plutôt entre apostrophe) j’ai envie de dire tremble Pivot, tremble, la fin de ton règne approche 😉 )

Mais il était plus de 2 heures du matin et à mon âge avancé, la seule fièvre qui prend mon corps dodu & replet le vendredi soir c’est celle qui me donne envie de rejoindre Morphée. Alors me voilà réveillée dès potron minet à me demander in petto ce que j’ai envie de dire sur ce livre. Mais je réalise qu’au-delà du livre, c’est de l’auteur dont j’ai envie de parler.

Ne vous méprenez pas, j’ai adoré le livre même si mon esprit rigoureux d’allemande contenu dans mon corps voluptueux d’algérienne aurait préféré que les chroniques (puisqu’il s’agit d’une compilation des chroniques qu’il écrit dans le magazine le Courrier de l’Atlas) soient classées dans un ordre chronologique, mais ça na rien enlevé au plaisir et aux émotions ressenties en le lisant.

Clarifions une chose pour commencer !

Nadir Dendoune je ne le connais ni de Fatima ni de Mohamed, je ne l’ai jamais rencontré, ne l’ai jamais croisé et encore moins conversé avec lui.

Pourtant…pourtant j’avoue qu’il me fascine…et me terrifie à la fois.

C’est mon ami Karima qui la première il y a quelques années de cela m’avait parlé de lui, de ce qu’il écrivait, de ses combats. Sur le moment je crois m’être dit que je n’avais vraiment rien en commun avec ce type, mais la curiosité insatiable étant bien le moindre de mes innombrables défauts, j’avais tout de même cherché à en savoir plus sur ce bougre dont elle parlait avec respect et admiration.

Le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçue du voyage en terres dendounesques. J’ai commencé par lire ses posts sur sa page Facebook à laquelle Karima été fidèlement abonnée. Enfin « sa » plutôt « ses » multiples pages Facebook qu’il ouvrait au gré des fermetures imposées par les ayatollah des mœurs facebookiennes qui semblent peu gouter ses éclats de voix & de rage quand elle ferme pourtant les yeux sur d’autres pages bien plus violentes tant dans le fond que la forme. Pourtant j’étais la première à être choquée par les grossièretés plus que fleuries dont il sème tel un jardinier de la langue moderne chacun de ses posts.

Ne me jetez pas la chanklette…j’ai été élevée par une famille d’algériens à 200%, le nif chevillé au visage et les valeurs haut portées surtout quand elles concernent leur descendance féminine. L’injonction a toujours été claire même si elle n’a jamais été verbalisée autrement que par un ranzir bien senti, ce regard qui tue toute velléité de rébellion, qui fait passer plus de consonnes & de voyelles que la plus longue des phrases et qui me faisait trembler jusqu’à la glotte des perspectives qui m’attendaient si je contrevenais à la règle ci après édictée :

Tu seras sage, ma fille !

Et soumise

Et silencieuse

Et bonne couscoussière (avec des batatas et du felfel, on est des algériens ya rabbi !)

Avec cette règle comme seul crédo de vie, les insultes, les gros mots, la violence verbale ont toujours été moi une no-go zone comme diraient les crétins ricains discourant avec leur insanité coutumière sur les manifestations de la jeunesse francilienne. Je lisais donc les posts de Nadir Dendoune avec un mélange d’incrédulité, de répulsion mais aussi de fascination honteuse. Chaque fois je me promettais in petto de ne plus le lire, mais chaque fois je craquais avec autant de courage que celui dont je fais preuve quand je dois choisir entre une raclette et des haricots vapeur.

Comme une petite souris, je me glissais alors d’un clic sur sa page pour y lire ses combats, son humour, ses éructations, et sa gouaille de titi Ilodionysien. J’ai quasiment pris un rendez-vous hebdomadaire avec sa chronique du tocard dans le Courrier de l’Atlas et y ai découvert de nouvelles facettes de l’homme. Plus de rondeurs, plus de subtilité, plus de tendresse, plus de sensibilité me faisant me demander si finalement derrière les jurons assumés et la rage chevillée au corps ne se cachait pas un homme plus nuancé et moins déchainé.

Pourtant c’est aussi cette rage qui m’a fait peur chez cet homme. Une rage dont il ne se cache pas & qu’il aborde avec autant de fierté qu’un algérien son drapeau et sa guerre d’indépendance. Une colère tellement homérique qu’on se demande comment elle tient dans un corps aussi rachitique. Mais une colère qui s’exprime, qui se sublime, qui le fait sans doute se transcender. C’est sans doute pour cela que la sienne de colère me fascine à mon corps & mon esprit défendant.

La mienne a toujours été intériorisée car une fille sage ne se fâche pas ! Elle se tait et se soumet…à la colère de ces hommes qui l’ont entourée dans son enfance & qui eux ont usé et abusé de ce mode d’expression devenu droit absolu et divin sur les femmes de notre famille. La colère verbale me terrifiait enfant car j’avais compris qu’elle était le prélude à une forme moins verbale qui faisait « male ».

Aujourd’hui, à deux fois 20 ans passés (oui oui promis juré tfouer un jour j’arriverai à écrire 40  😉 ) quand j’entends un éclat de voix ou un cri chez un homme, je ne peux m’empêcher de sursauter irrépressiblement et chaque particule de mon corps se fige craignant que la suite ne donne corps à mes pires souvenirs (si j’avais un microscope je suis prête à parier que même mes brins d’ADN se dressent comme une brochette de généraux algériens devant l’apparition tout fauteuil roulant de Boutef 😉 ) .

Alors me sentir fascinée par cet homme pour qui la colère semble un moyen d’expression assumé m’a amené à me questionner. Qu’est ce donc qui éveille à ce point là mon intérêt ? Pourtant en dehors d’origines communes, je n’ai pas grand-chose en commun avec lui :

il a grandi dans une cité avec comme perspective le périphérique parisien comme frontière pré Schengen…quand j’ai poussé au fin fond de la cambrousse avec une vue directe sur le champ d’Armand & Ricky, les frères agriculteurs et sans doute consanguins qui carburaient au petit rouge dès que le soleil se levait.

il est engagé et ultra actif politiquement parlant ….quand je me suis toujours méfiée viscéralement de me voir coller une étiquette d’un bord ou de l’autre

il a choisi d’embrasser une carrière et un métier en toute indépendance ….quand rien ne me rassure et ne me sécurise plus que la dépendance choisie que je cultive avec mon entreprise chérie

il conspue régulièrement une part de la société française de laquelle il ressent une forme de rejet pour l’homme qu’il est…quand je dois reconnaitre que la femme que je suis s’est toujours sentie accueillie et acceptée avec bienveillance au point que j’avoue ne pas embrasser cette vision de la France mais si je conçois & comprends qu’il puisse éprouver ses sentiments

il est sec comme un haricot ….quand je suis ronde comme une patate (enfin j’imagine que lui dirait plutôt grosse vu la répulsion qu’il professe à longueur de post pour nous autres, femmes au physique de barrique 😉 )

Et pourtant…

Pourtant il y a un fil qui semble me relier …

Ou plutôt quelques fils certes ténus qui me font l’avoir à ma patte dodue au point de cliquer régulièrement en cachette pour le lire.

Tout d’abord cette fierté particulière et incompréhensible pour qui n’est pas algérien de nos origines, cette fierté dont nous avons hérité et à laquelle soyons honnête nous n’avons pas contribué. La fierté d’hommes et de femmes qui se sont battus pour leur liberté contre ceux là même qui écrivent son nom sur tous leurs frontons mais l’ont refusé durant plus d’un siècle à une grande partie des peuples d’Afrique du Nord.

Ensuite cet attachement viscéral et cet amour sans limites pour ses parents. Je souris amèrement en écrivant car là encore nous différons, lui a grandi avec un père et une mère certes peu expressifs mais indéfectiblement aimant quand j’ai poussé dans la solitude d’une mère disparue et d’un père aux abonnés absents. Mais qu’importe, j’ai eu en mes tantes les parents et l’amour que la vie ne m’a pas offert. Et mes tantes je les adore et les aime avec la même ferveur et fidélité qu’il offre à sa mère dont la douceur et le bonté se lisent sur son visage monalisesque.

Pour finir vais-je oser l’écrire ?

Je crois que ce qui me relie à lui c’est cette colère justement. Celle là même qui me terrifie & qui m’a tétanisée sur ces quarante premières années (ben voilà c’est fait j’ai réussi vous voyez lecteurs de peu de foi va 😉 ) mais dont j’ai enfin envie de me défaire.

A lire cet homme, en allant au-delà des apparences qu’il se donne, en dépassant mes a priori, à mon tour j’ai envie de la crier cette colère, de ne plus la retourner contre moi même, de ne plus en être l’esclave.

Mon Everest à moi sera atteint le jour où j’arrêterai d’être indéfectiblement gentille pour enfin être moi-même, toute colère bue et consommée.

Nadir Dendoune est le Laurel du Hardy que je suis…

Il est le miroir que me tendent enfin mes colères si longtemps enfouies …

Différent & si semblable  à la fois…

Je referme son livre en me disant qu’il me fait penser à cette citation de René Char à laquelle je me suis accrochée quand silencieusement enragée j’avais décidé de prendre de gré ou de force cet ascendeur social qui ne desservait pas le sous sol de mes origines :

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.

A te regarder, ils s’habitueront.

Fiction·Livres

La colline aux esclaves de Kathleen Grissom

Le pitch

États-Unis, 1791.

Lavinia, jeune orpheline irlandaise, se retrouve domestique dans une plantation de tabac. Placée avec les esclaves noirs de la cuisine, sous la protection de Belle, la fille illégitime du maître, elle grandit dans la tendresse de cette nouvelle famille.
Cependant, Lavinia ne peut faire oublier la blancheur de sa peau : elle pénètre peu à peu dans l’univers de la grande maison et côtoie deux mondes que tout oppose. Jusqu’au jour où une histoire d’amour fait tout basculer… Le petit monde de la plantation est mis à feu et à sang, de dangereuses vérités sont dévoilées, des vies sont menacées…

 

Bon….alors…comment dire…(bon vous l’aurez compris si vous me suivez un tant soit peu (l’autre comment elle s’enflamme sur son lectorat assidu ;-))  quand je commence ainsi une phrase ça présage rien de bien bon mais bon revenons à nos moutons)  c’est pas mauvais comme roman…mais c’est pas non plus l’extase loin s’en faut.

A lire le pitch je m’étais projetée dans un roman plein d’emphase & d’ampleurs, mais à la lecture mon dieu que c’est confus, que c’est brouillon… Pourtant tous les ingrédients d’un bon roman étaient réunis : esclavage, secrets de famille et vie dans une plantation du sud américain. Las on se retrouve avec un roman dont les énormes ficelles le disputent à la vision manichéiste d’un monde certes injuste mais décrit de façon caricaturale.

D’un coté dans la grande maison vivent comme des nababs de méchants blancs contre lequel le sort va s’acharner comme une nuée de criquets sur un champ de coton : alcoolisme, incestes, folie passagère ou permanente, nouveaux nés qui meurent aussitôt avoir respiré l’air apparemment vicié de leur parentèle, violence, méchanceté bête et crasse. Mes amis il ne fait pas bon être blanc dans ce roman.

De l’autre le monde de leurs esclaves est décrit comme la somme de toutes les qualités humaines : chaleur, empathie, soutien, amour, tendresse, tolérance, abnégation. Qu’ils sont courageux ces hommes & femmes, comme ils sont bons, quelle grandeur d’âme est la leur…Bref c’est où qu’on signe pour devenir esclave dans le sud américain au 18ème siècle ?

Et pour faire le lien entre l’ombre et la lumière, entre le bien et le mal, entre l’humain et l’animal, voila Lavinia cette petite orpheline irlandaise qui se retrouve à vivre la vie d’une petite esclave tout en ayant la faveur de quelques égards du fait de sa couleur de peau. Son histoire cousue de fil blanc  et sa proximité avec le monde des esclaves ne le lui fera pas échapper aux terribles malheurs qui s’abattent à un rythme taylorien sur tous les méchants blancs dont elle fait partie ne lui en déplaise.

Une histoire tellement incohérente que sur une page sa mère est morte, la laissant seule avec son père sur ce bateau les menant dans ce pays de cocagne qu’étaient alors les Etats-Unis (ben voui depuis l’ami Donald nous a coupé toute envie d’aller y faire un tour sous peine de se voir déporter illico presto au Mexique ou à Guantanamo)…et sur la suivante, c’est son père qui est décédé de sa terrible mort en premier la laissant seule avec sa maman ressuscitée par la grâce d’une page tournée (ca tourne pas rond coté édition on dirait, faut croire que les relecteurs se sont endormis entre chaque page ;-))

Bref je suis sans doute un chouïa méchante (la moindre de mes qualités 😉 ) mais vraiment j’ai trouvé ce roman trop manichéen et improbable dans l’histoire pour vraiment accrocher. Mais bon, ça se lit si on est pas trop difficile coté littérature et qu’on a pas eu le bonheur de lire des romans d’une autre trempe que la légère dont est faite cette bluette matinée d’un soupçon d’histoire pour la caution littéraire.

 

ps : pour ceux & celles qui me connaissent, me lisent et n’ont pas été découragé par ma chronique

si le livre vous intéresse, un petit mail & je vous le mets de coté & vous l’envoie

TV

Latifa, une femme dans la République

EMI_733351Hier était diffusé un documentaire sur l’action de Latifa Ibn Ziaten, la mère d’Imad Ibn Ziaten, un des militaires lâchement assassinés par le terroriste Mohamed Merah. Ce documentaire je l’attendais depuis bien longtemps car j’avais été informée de son tournage sur la page Facebook de l’association qu’elle a créée en mémoire de son fils.

Cette femme me touche à un point qu’il est difficile d’exprimer. Au-delà de sa douleur de mère, au-delà de son courage, au-delà de son action quotidienne de sensibilisation il y a quelque chose en elle qui résonne au plus profond de moi.

Alors qu’on lui a pris son enfant…elle a choisi de donner aux enfants des autres…

Alors qu’elle a été blessée par la crasse bêtise de jeunes ayant cédé aux sirènes de l’extrémisme ….elle nous touche par son humanité et porte haut et fièrement sa vision d’une spiritualité apaisée…

Alors qu’elle aurait pu se renfermer et rejeter ce monde qui lui a pris son fils…elle décide de s’ouvrir aux autres et de parcourir la France pour partager sa sagesse de mère et ses encouragements à résister …

Le reportage la suit lors de ses très nombreux déplacements dans des colloques, des prisons mais surtout dans des collèges/lycées.  Ce sont surtout ses passages au sein de ces derniers qui m’ont marqués car partout où elle passe un même phénomène se produit…des classes entières d’élèves qu’on imagine sans peine indisciplinés et revêches l’écoutent dans un silence quasi religieux.

Très vite on sent monter les larmes & l’émotion d’enfants, d’adolescents qui en l’écoutant touchent du doigt la tragédie vécue par cette femme mais également que la fin de l’innocence approche pour eux. Mais loin de se contenter de narrer son désespoir, elle cherche surtout à leur insuffler l’envie de s’en sortir, de se battre, de croire en la république et dans les possibilités qu’elle peut offrir à ses enfants.

A la fin de chacune de ses interventions,  ils sont nombreux à se précipiter pour l’approcher, en larmes pour certains, reconnaissants pour d’autres. Elle prend encore le temps pour encourager personnellement les uns, consoler les autres, prendre dans ses bras cette jeunesse dans laquelle elle place ses espoirs que plus jamais une telle barbarie ne se reproduise.

On découvre également sa famille, tous plus engagés à ses cotés les uns que les autres, cherchant ainsi sans doute à honorer la mémoire de leur frère et fils. Et on réalise alors que cette bonté loin d’être récente, était bien là en elle de longue date. Avec elle et son mari ont bien sur vécus leurs enfants …mais ils ont aussi accueilli un enfant jeté à la porte par sa propre famille. Un jeune « gaulois » pure souche accepté dans leur foyer comme un des leurs et qui aujourd’hui partage leurs peines et leurs bonheurs quotidiens.

Je n’ai pas eu la chance de connaitre l’amour d’une mère, mais en voyant cette femme que rien ne destinait à être placée sur le devant de la scène médiatique, je me dis que j’aurai aimé qu’elle lui ressemble. Son fils là ou il repose doit veiller avec fierté sur cette femme courage qui nous donne plus à réfléchir et à ressentir que bien des pseudo-experts et des professionnels du commentaire sociétal.

En la regardant dans ce documentaire j’avais moi aussi envie d’aller dans ses bras, de sentir la chaleur de son amour, de la consoler de sa peine, lui dire que je l’admire pour la mère qu’elle est, pour l’exemple qu’elle donne, pour la lumière dont elle rayonne.

Ce reportage est disponible gratuitement sur le replay de France 2 pendant encore 7 jours, si vous en avez la possibilité et l’envie ne le manquez pas. Et si vous avez été touchée comme je l’ai été par cette femme, l’action de son association peut être soutenue grâce à un don via leur site.

Aujourd’hui alors que la société nous honore d’une journée (un brin d’ironie irrévérencieuse s’est glissé dans ma phrase, saurez vous le trouver 😉 ?), moi j’ai  envie de dire à cette femme qu’elle est l’honneur de sa famille, de sa communauté, de l’humanité.

Latifa, tu nous donnes une sacré leçon de vie et ce faisant tu fais un bien beau pied de nez à la mort…

 

 

Livres·Polar

Amélia de Kimberly McCreight

Le pitch

À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. Jusqu’à ce matin d’octobre, où elle reçoit un appel du lycée qui lui demande de venir de toute urgence.
Elle ne reverra plus jamais Amelia : celle-ci a sauté du toit de l’établissement.
Rongée par le chagrin, Kate plonge dans le désespoir et l’incompréhension. Pourquoi une adolescente en apparence si épanouie s’est-elle donnée la mort ? Mais un jour, Kate reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question : « Amelia n’a pas sauté. ». Obsédée par cette révélation, elle s’immisce dans la vie privée de sa fille et découvre, à travers les réseaux sociaux, les mails et les SMS d’Amelia, une réalité terrible, un véritable monde parallèle qu’elle n’aurait jamais pu imaginer.

 

Je me suis lancée dans la lecture de ce livre après avoir lu la critique de Mademoiselle Maeve et surtout après avoir subi une série de déconvenue livresque qui m’a fait repartir pied au plancher vers l’univers rarement décevant des polars.  Ici pas de serial killer ni d’assassinats sanguinolents, mais plutôt un polar psychologique autour du mystère entourant le suicide d’une adolescente.

Mais est on vraiment sur qu’il s’agit bien d’un suicide ? C’est ce que la mère de Amelia va chercher à déterminer après avoir reçu plusieurs SMS remettant en question cette hypothèse alors qu’elle entamait à peine son douloureux deuil.

L’originalité de ce roman repose sur la multiplicité des points de vue et les allers/retours incessants mais efficaces entre le passé lointain de la naissance d’Amelia, le passé plus proche où cette dernière entre avant sa mort dans une sororité secrète de son lycée & le présent où Kate sa mère va chercher à découvrir ce qui a fait plonger vers la mort sa seule et unique enfant…

Mais la modernité du polar de Kimberly MC Creight ne s’arrête pas là et elle repose aussi sur la diversité des supports qui sont commentés. On passe de façon très fluide et sans pour autant perdre le fil de l’intrigue d’un extrait de journal intime de Kate, à un extrait de blog lycéen de caniveau avant la mort brutale de l’héroïne, aux réflexions in petto de cette dernière…

Chaque point de vue intervient comme un éclairage différent qui va apporter par touches et sans ordre clair la lumière finale sur les conditions des dernières semaines, jours, heures avant la minute fatale qui fera basculer au sens propre comme au figuré de vie à trépas.

Jusqu’à la fin du livre je n’ai pas compris de quelle façon apparaitrait la vérité et qui en serait in fine la clef de voute. Un polar qui m’a tenu en haleine durant ces derniers jours et que je peux que vous recommander tant il m’a plu par son originalité narrative que par l’efficacité de son intrigue.

ps : pour ceux & celles qui me connaissent et me lisent,

si le livre vous intéresse, un petit mail & je vous le mets de coté & vous l’envoie

Ciné

L’ascension et Patients

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été dans les salles obscures découvrir de nouveaux films. Le cinéma est pourtant un divertissement que j’adore & notamment la sensation de s’immerger dans un nouveau monde quand les lumières s’éteignent enfin. Les deux derniers films que j’ai vu sont totalement différents en apparence, mais je crois qu’ils racontent tout deux une même histoire : celle de la résistance, de l’envie de réussir quels que soit les obstacles.

Qu’il s’agisse du regard limitant d’autrui sur nos capacités, des freins qu’on se crée soi même et des limitations liées à la nature qui nous entoure ou à celle de notre corps… Ces deux films racontent finalement cette histoire là du dépassement et de l’envie de s’en sortir.

L’autre point commun entre ces deux films tient au fait que leurs protagonistes évoluent tous deux dans l’univers de la banlieue parisienne. Un univers qui m’est assez inconnu ayant moi-même grandi au fin fond de la campagne française (là les seules concentrations de communautés étaient celles des moutons & des vaches des prés alentour). Mais contrairement à moult films & autres reportages stigmatisant et dénonçant sans beaucoup de subtilité ni de nuances les personnes qui y vivent, ces films offrent là un autre visage plus humain, chaleureux et fraternel.

Last but not least, dernier point commun, ces deux films sont adaptés de biographie récentes. Ainsi L’ascension est adapté du livre « Un tocard sur le toit du monde » du  journaliste Nadir Dendoune qui y livre l’histoire réelle de son escalade réussie dès sa première tentative de l’Everest alors de son propre aveu il n’avait aucune expérience de la montagne. Patients quant à lui est adapté du livre éponyme de Grand Corps Malade qui y relate son accident et le processus qui l’a mené a retrouver en partie sa mobilité.

Deux films complémentaires mais pleins de sensibilité & d’humanité…

lascencionL’ascension repose principalement sur la gouaille et l’humour de son personnage principal jouée par l’excellent Ahmed Sylla. Le film est aussi très bien servi par une galerie de personnages souriants, truculents et pleins de vie qui encouragent, soutiennent et suivent le défi totalement irraisonnable qu’il s’est lancé pour les yeux d’une charmante demoiselle. On y découvre également que la lutte des classes tant sociale que raciale a encore de beaux jours devant elle au vu des réactions des alpinistes certes chevronnés issus d’un monde plus policé et aisé avec qu’il fera cette ascension. Des réactions d’abord moqueuses, puis agressives et finalement admiratives face à sa réussite.

Si l’ascension m’a fait sourire et rire, Patients quant à lui restera mon coup de cœur et patientsmon coup au cœur. Une découverte à coté de laquelle j’aurai pu bêtement passer si ce n’est l’insistance d’une certaine personne qui se reconnaitra (même si il est bien convenu que les seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, or je suis unanimement d’accord avec moi même pour me reconnaitre une intelligence supérieure à ma modestie légendaire 😉 ). Alors bien sur le sujet n’est pas facile, bien sur on se dit qu’on va verser dans le pathos, bien sur on se dit qu’on va sortir de la séance l’humeur complètement plombée avec comme seul recours de se jeter sur un lexo (ou dans mon cas un Mc Cheese avec des potatoes, ben oui version XL, il croit quoi le serveur, que ce corps de rêve s’est construit avec de la laitue & du quinoa 😉 ) ….et bien sur rien ne fut plus faux.

En dépit des accidents de la vie qui les ont amenés dans ce centre de rééducation chacun de ces patients garde une part, même infime, d’espoir en lui. Part qu’ils cultivent et font grandir pour se relever au sens propre comme au figuré avec plus ou moins de bonheur selon la gravité de leurs blessures. Mais le plus marquant n’est pas là, mais c’est leur énergie de vie, leurs chambrages permanents, le vingtième degré d’autodérision dont ils usent & abusent pour dédramatiser leurs handicaps.

Nous ne leurrons pas, en rien on en arrive à oublier les difficultés auxquelles ils font face, mais quelle formidable leçon de vie que ces acteurs relatent avec une aisance & une vérité tout en sensibilité. Une pensée particulière pour Pablo Pauly, l’acteur qui incarne le personnage adapté de Grand Corps Malade, ce jeune homme a de belles années au cinéma devant lui tant on le sent à l’aise dans différents genres.

M’enfin ?

Z’êtes encore à me lire ?

Allez zou direction le cinéma 😉

Livres·Polar

Carnaval de Ray Celestin

img_20170301_234706.jpgLe pitch

Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque aux habitants de La Nouvelle-Orléans en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

 

Connaissez-vous le principe de l’engrenage ?

Non ?

Pas de soucis, Docteur Google est la !

Le principe de l’engrenage consiste à ce que des roues dentées soient en contact les unes avec les autres et se transmettent ainsi de la puissance par obstacle…

Eh bien c’est exactement à cela que m’a fait penser l’intrigue de ce livre qui fut une très agréable découverte.Dans la même veine j’avais lu et adoré Vendetta de R. J. Ellory dont l’intrigue se passe également à la Nouvelle-Orleans. Avec Carnaval, je découvre pour mon plus grand plaisir un nouvel auteur de polar, Ray Célestin, un auteur anglais qui a reçu le prix de l’association des auteurs anglais de polar pour ce livre justement.

Alors soyons honnête, ce n’est pas le polar que je mettrai en haut de la pile de mes préférés, mais cela ne signifie pas grand-chose. En matière de polar je suis très difficile car j’ai eu la chance de lire des auteurs absolument géniaux qui m’ont laissé pantoise (DOA pour ne citer que lui par exemple est un auteur absolument époustouflant que je vous encourage à découvrir asapissimement).

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre Carnaval. Dans une Nouvelle Orléans qui résiste vacillement aux assauts du puritanisme américain pré-prohibition, un tueur sème la terreur en assassinant des couples apparemment pris au hasard en laissant sur les cadavres atrocement mutilés à la hache des cartes de tarot en guise de signature macabre.

Serial Killer ? Mafia ? Fantôme ? Vaudou ?

Toutes les hypothèses sont envisagées par une population terrifiée devant l’impuissance de la police à mettre fin à ces crimes atroces.  Chacun dans leur coin et sans se concerter plusieurs personnages vont alors tenter de résoudre ce mystère insoluble et comme dans un engrenage les découvertes des uns feront avancer celles des autres, sans qu’ils n’en aient vraiment conscience.

Les personnages principaux, puisqu’ils sont plusieurs, sont décrits sans manichéisme et dans une époque ou sévit encore la ségrégation raciale et sociale c’est une réussite. Leurs relations & leurs visions du monde sont d’une subtilité appréciable et bien représentative d’une Louisiane, rien n’est ni blanc ni noir, ni vraiment américain, ni totalement français…

J’ai particulièrement apprécié le portrait tout en nuance de deux d’entre eux : le flic irlandais Michael qui cache plus qu’un secret et Ida, la métisse aspirante détective coincée entre la couleur de sa peau et ses aspirations profondes. Mon vrai plaisir a été de constater à la dernière page que leur route pourrait bien se recroiser dans un prochain opus…

Mais chuuut ne vendons pas la mèche et allons de ce clic acheter la suite déjà écrite par Ray Celestin 😉

ps : pour ceux & celles qui me connaissent et me lisent, un petit mail & je vous mets le livre de coté 🙂

 

C’est lundi, que lisez vous ?·Livres

C’est lundi, que lisez vous ?

Deuxième semaine de la chronique « C’est Lundi, que lisez-vous » d’après le post sur Ma toute petite culture, issu de l’idée du Blog de Galleane, elle même inspirée par un blog made in US.

La semaine qui vient de se terminer n’a pas été très productive coté lecture malheureusement 😦

Ce que j’ai lu la semaine passée :

La garçonnière d’Hélène Gremillon

wp-1487922124556.jpgMoooon dieu que je n’ai pas aimé et Dieu sait qu’il m’avait été chaudement recommandé…

J’avais pourtant le souvenir de ma lecture enthousiaste du roman précédent « Le confident » donc je me suis plongée avec espoir dans ce nouveau roman d’Hélène Gremillon sur les conseils de ma libraire.

Bon vous me direz les gouts et les couleurs….

Mais vraiment ce qui m’agace le plus c’est que je me suis forcée comme rarement à le terminer ce satané bouquin et que j’ai perdu mon temps à lui trouver de l’intérêt quand tant d’autres livres m’attendaient.

Mais bon c’est ainsi, à la grande roulotte de la lecture, on ne peut être gagnante à tous les coups.

Ce que je suis en train de lire :

Carnaval de Ray Celestin

Vous voyez je suis définitivement joueuse puisque c’est là encore un livre conseillé par ma libraire. Mais bon avec un 51l0ey-kfdl-_sx303_bo1204203200_polar les probabilités de déception sont réduites et ce d’autant plus quand il n’est pas écrit par un écrivain français. Avec un polar pas de grande réflexion à la mode ecrivaillonne parisienne souffreuteuse « qui suis je ? ou vais je ? oberkampf ou bastille ? vegan ou bio ? Je dis souffrance …je dis errance…je dis spéciale dédicace à ma sœur 😉 » . Exactement le type d’écriture qui me laisse de glace ou plutôt qui fait bouillir mon sang d’algérienne devant ce nombrilisme si caractéristique. Bref un polar c’est la promesse d’une action, d’un suspense et comme j’ai l’habitude de le dire d’une histoire avec un début, un milieu et une fin 😉

J’en suis presque à la moitié et  je ne suis clairement pas déçue, l’atmosphère me rappelle un peu Vendetta de R. J. Ellory, un polar situé lui aussi à la Nouvelle Orléans mais à notre époque et dont le twist de fin m’avait laissé assez speechless (ce que la bavarde que je suis est rarement 😉 )

Le pitch :

Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque aux habitants de La Nouvelle-Orléans en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

Que vais je lire ensuite  :

51xw8twpl-_sx307_bo1204203200_La semaine dernière je m’étais promis que j’allais lire « La perle et la coquille » de Nadia Hashimi, mais je suis clairement d’humeur à polar ou plutot je suis d’humeur à ne pas etre décue par mes lectures. En parcourant le blog de Mademoiselle Maeve je suis tombée sur sa critique d’un livre qui m’a définitivement emballée et que je suis empressée ventre à terre d’aller acheter car je n’ai jamais assez de livres dans ma pile de bouquins en attente.

Je pense le commencer d’ici demain ou après demain des que j’aurai fini Carnaval.

Le pitch :

À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. Jusqu’à ce matin d’octobre, où elle reçoit un appel du lycée qui lui demande de venir de toute urgence.
Elle ne reverra plus jamais Amelia : celle-ci a sauté du toit de l’établissement.
Rongée par le chagrin, Kate plonge dans le désespoir et l’incompréhension. Pourquoi une adolescente en apparence si épanouie s’est-elle donnée la mort ? Mais un jour, Kate reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question : « Amelia n’a pas sauté. » Obsédée par cette révélation, elle s’immisce dans la vie privée de sa fille et découvre, à travers les réseaux sociaux, les mails et les SMS d’Amelia, une réalité terrible, un véritable monde parallèle qu’elle n’aurait jamais pu imaginer.

 

Et vous que lisez vous cette semaine ?

(allez soyez pas timide, dites le moi, ca me donnera sans doute de nouvelles envies/idées de lecture)

Expo

L’esprit du Bauhaus

picsart_02-26-10.44.25.jpgJ’ai une chance folle !

Ou plutôt j’ai deux chances folles : la première est d’avoir rencontré en certaines de mes voisines des personnes formidables qui sont devenues des amies…la seconde c’est que ces amies là vous ouvre à un monde dont vous soupçonniez l’existence sans jamais avoir eu la possibilité d’y entrer.

Ce monde est celui de l’art que j’ai toujours regardé avec déférence mais auquel je n’ai jamais osé prétendre moi la petite demoiselle du fin fond de la France et du encore plus fin fond des classes sociales plus destinées à reproduire un destin de pauvreté et de précarité qu’à accéder à l’art et à la culture parisienne.

Mais le destin est capricieux et s’il n’a pas toujours été très sympathique avec moi (si tu passes par là ami destin, je l’attends toujours ce satané preux chevalier sur son cheval blanc qui viendra me réveiller de mon long sommeil de  célibataire, moi je dis ça j’dis rien mais y a quand même tromperie sur la marchandise en termes de deadline vu que ma DLC se rapproche à grand pas hein 😉 ), ce sacré destin m’a au moins transportée dans des classes sociales aux us et coutumes qui étaient assez inconnus à la jeune demoiselle que je fus un temps.

Bref toutes ces digressions nombrilistes pour vous narrer mon bonheur de faire partie d’un petit groupe auquel une amie qui se reconnaitra m’a invitée. Avec lui j’ai le plaisir de visiter des expositions parisiennes avec le St Graal qu’est une conférencière. Quand je pense aux nombres d’expositions que j’ai parcourues par moi-même avec certes  l’indispensable audio guide mais dont je ressortais à peine une demie heure plus tard sans avoir rien ressenti ni compris, quelle tristesse…

Une conférencière, surtout quand elle est aussi formidable que celle de notre groupe, c’est la promesse d’être emporté non pas dans une simple exposition mais dans l’Histoire avec un grand H. Dans mon métier de marketeuse, on parle à longueur de slides de story-telling mais je crois qu’un tel anglicisme vide de sens pour mon activité n’a jamais été aussi approprié pour désigner le travail des conférencières.

Ce ne sont pas de simples tableaux ou de simples œuvres d’art…mais c’est l’histoire de toute une époque, tout un courant artistique qui nous est alors conté. Elles savent ramener du pittoresque ou de l’anecdote dans le grandiose de l’art. Elles nous amènent à comprendre comment inscrire dans leur époque des décisions artistiques, nous font prendre conscience de l’influence d’un courant sur un autre, établissent des ponts entre les différentes formes d’art.

A chaque visite je suis ébahie par leurs connaissances et leur sens du partage. J’ai souvent honte de réaliser que je ne connais que bien peu des réponses aux questions qu’elles nous posent et à quel point l’adage de Socrate « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » s’applique à moi. Mais loin d’en ressentir de la gène, elles me donnent envie de me frotter encore plus à l’étendue de cet inconnu qu’est l’Art.

Ce samedi fut une nouvelle occasion de découvrir ce que j’ai toujours cru être un simple courant artistique, le BauHaus. Alors que cette exposition se terminait ce week-end nous fûmes parmi les derniers chanceux à en profiter. Et quelle visite !

Deux heures et demie qui sont passées comme une seconde tant la conférencière (une nouvelle pour nous habitués à notre Nikki internationale) nous a offert un voyage dans cette école (car il s’agit bien d’une école et non d’un courant) et nous en a révélé les rouages et les réussites.

Du BauHaus je connaissais le nom et j’avais un temps cru qu’il s’agissait d’une influence en design. Mais comme elle nous l’expliqua il s’agissait en fait d’une école créé en Allemagne et qui ambitionnait de détruire la barrière entre l’artiste et l’artisan. L’idée était également de révolutionner la façon de concevoir la construction des bâtiments afin d’y intégrer une forme de syncrétisme entre architecture et arts appliqués.

Pour cela un enseignement en plusieurs années était dispensé avec dès la deuxième année des ateliers par spécialité : peinture, sculpture, poterie, menuiserie, imprimerie, photographie, reliure, travail du métal,  et last et but totally least (du moins dans l’esprit machiste de l’époque) l’atelier de tissage destiné aux demoiselles… Mais ironie savoureuse du sort, celui ci fut apparemment l’atelier le plus productif et le plus en visibilité.

De cette école sortiront de nombreuses réalisations au modernisme incroyable et enseigneront de grands noms de l’Art dont Kandinsky et Klee pour ne citer que les plus connus. À la fermeture de l’école par les Nazis, son rayonnement à continuer à s’étendre : à Moscou, à Chicago mais surtout à Tel-Aviv où un certain nombre de membres avaient trouvé refuge et où de nombreux bâtiments ont été construits selon ses PRÉCEPTES (Yael si tu me lis, le savais tu ?). 

Bref (j’adore ce mot dont j’use et abuse alors même que je fais tout sauf …bref justement) une superbe exposition rendue encore plus passionnante par le travail de présentation de notre conférencière. Si j’ai un conseil à vous donner (et si vous avez réussi à ne pas vous endormir en me lisant) pour votre prochaine exposition, ne prenez pas une simple entrée mais renseignez vous sur les visites avec conférencier, vous découvrirez alors un tout autre monde.

Fiction·Livres

La garçonnière de Hélène Gremillon

Le pitch

wp-1487922124556.jpgBuenos Aires, 1987. Lisandra Puig est retrouvée morte défenestrée, au pied de son immeuble. La police aussitôt suspecte son mari, le docteur Vittorio Puig. Il est psychanalyste. Dans son cabinet s’allongent sur le divan bourreaux et victimes de la dictature argentine. Eva Maria est l’une d’entre elles. Persuadée de l’innocence de Vittorio, elle décide de mener l’enquête. Pour elle, c’est certain : le meurtrier se trouve parmi les patients.

Mais lequel ?

Et pourquoi ?

 

Après l’avoir lu :

Bon alors j’ai essayé…

Mais vraiment promis j’ai essayé…

J’ai tellement voulu l’apprécier ce roman….

Je me suis dit qu’il allait se révéler d’ici quelques lignes…quelques pages…quelques chapitres….

Mais non décidément non rien à faire, c’est définitif je n’ai pas aimé !

Pourtant j’avais adoré « Le confident » le premier roman de Hélène Grémillon et associé à l’enthousiasme débridée de la très sympathique libraire (note pour moi-même : ne plus se fier aux libraires toutes sympathiques soient elles) je me suis dit que celui-ci devait être fait du même bois que le premier.

De bois il ne fut pas question sauf à considérer la qualité du sommeil qui fut le mien consécutivement à la lecture de ces pages. Vu sous cet angle, alors oui de bois il est fait puisqu’il m’a endormie comme une buche une semaine durant.

Pas un soir sans que je ne m’astreigne à en lire quelques pages sans y trouver l’inspiration ou l’intérêt qui m’avait fait dévoré « Le confident ». D’ailleurs le simple fait j’ai du m’astreindre à lire aurait du me faire arrêter séance tenante ce bouquin.

L’enquête menée par Eva Maria, la patiente pour le compte de Vittorio, son psychiatre, se traine sans qu’on arrive à comprendre où l’auteur veut en venir. Et honnêtement on a juste envie de la secouer cette Eva Maria pour qu’elle passe autant de temps à s’occuper de son fils aimant et en pleine souffrance que de cette enquête qui ne la concerne pas le moins du monde.

Dans une argentine qui se libère péniblement des milliers d’arrestations et de disparitions restées inexpliquées perpétrés par la junte militaire, ce roman aurait pu être vraiment phénoménal. Mais rien n’y fait, la narration est pénible, l’histoire peu plausible et il faudra attendre les toutes dernières pages pour découvrir le secret qui se cache derrière le titre du livre. Secret qui a bien peu de lien avec le reste et du livre et qui  m’a fait me dire : tout ça pour ça ?

Bref une vraie déception qui me laisse avec le sentiment d’avoir gâché plusieurs soirées dans ce bouquin quand tant d’autres me tendaient leurs pages.

Suis je la seule à avoir si peu accrochée ?