Étiquettes

, ,

Le pitch :

Imaginez…
Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints.
Devant vous, un champ d’éoliennes désert.
Soudain le choc, d’une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d’euros.
Que feriez-vous ?
Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.

 

Après plusieurs lectures relativement décevantes rien de plus rassurant que de se plonger dans ma pile de polars à lire. Ma main se dirigeait avec assurance vers le dernier Viveca Sten sorti en poche quand soudain j’avisais ce roman de Thilliez que j’avais acheté récemment. De Thilliez je n’avais jamais rien lu bien que la foultitude de sa production littéraire me laissait à penser qu’il avait son petit succès. Assez prosaïquement les couvertures de ses livres ne me tentaient pas car elles me laissaient penser qu’il s’agissait de polars mâtinés de fantastique, mélange que je goute fort peu.

Que nenni réalisais je en lisant les premiers chapitres puisqu’il s’agit bien de polars tout ce qu’il y a de plus classique dans le sens noble du terme. Un détail qui ne m’avait pas échappé est que ce roman a obtenu le prix du polar SNCF. En effet j’ai tendance à me méfier des prix assez institutionnels comme les Goncourt & Femina car bien trop proches des maisons d’édition pour que leurs choix soient toujours impartiaux. Alors que d’autres prix comme celui de notre belle compagnie nationale de chemins de fer fait lui la part belle aux lecteurs & me semble bien plus honnêtes.

Me voilà donc à lire mon premier Thilliez dont l’action se situe dans un Nord assez industrieux et sombre où deux hommes vont commettre l’irréparable qui les entrainera dans une spirale infernale. Ce roman est le premier d’une longue série mettant en avant Lucie Hennebelle, une flic qui derrière ses atours de mère de famille cache bien des secrets comme son gout avéré pour ce qu’il y a de plus sombre dans la nature humaine. Et du sombre on en aura dans ce polar puisqu’il nous plonge dans les univers bien peu avenants des taxidermistes, sadomasochistes autres tueurs dont la noirceur d’âme n’a d’égal que la façon vicieuse de tuer leurs victimes.

C’est sombre, angoissant, et formidablement efficace. De rebondissements en étonnements j’ai tourné les pages sans m’arrêter et dévoré ce polar dont les ressorts se dévoilent un à un comme une machination bien huilée et diablement perverse. Quant à Lucie Hennebelle, j’ai comme l’impression qu’elle n’a pas dévoilé tous ses secrets dans ce premier tome et qu’elle cache des vérités bien dérangeantes qui font d’elle un personnage complexe et subtil comme je les aime.

C’était donc mon premier Thilliez mais il y a fort à parier que ce ne sera pas le dernier car son style d’écriture correspond vraiment à ce que j’aime : une intrigue haletante, efficace et bien plus complexe qu’on veut bien le croire dans les premiers chapitres. En un sens il m’a fait penser par la noirceur des crimes à Henning Mankell comparaison qui pour moi est vraiment plus que flatteuse.

Publicités